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17 ans de lutte contre l’impunité en Afrique

L’affaire Sankara

Le 15 Octobre 2004, Le GRILA Groupe de recherche et d’initiative pour la libération de l’Afrique commémorait le 17ème anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara.


Sankara Thomas
Sankara Thomas
[Thomas Sankara]URL:http://www.basango.com/index.php?action=article&id_article=14228 a incarné l’espoir d’un changement basé sur un développement autocentré et panafrican. A 37 ans cet internationaliste rejoignait l’immortel panthéon des humains intègres. Sankara a été l’instigateur d’un changement qui demeure encore un impératif incontournable pour la majorité des formations sociales africaines. Son projet de société était une rupture radicale avec les désordres antérieurs, mais aussi bien des mentalités et autres rigidités culturelles. Il supposait l’adhésion populaire et l’engouement des masses, un sens du sacrifice des couches possédantes, un Etat intègre et surtout l’émancipation des femmes…bref un ensemble de conditions qui font de Thomas Sankara comme certains de ses illustres prédécesseurs panafricanistes, des visionnaires en avance sur leur peuple. Son projet continue d’être pertinent pour l’Afrique toute entière vouée pour l’heure à la "gestion de l’enlisement" avec les bailleurs de fonds, à la paupérisation et aux conflits instrumentalisés sur fonds de pillage des ressources.

Sankara nous a prouvé que l’utopie était réalisable et il l’a chèrement payé. Cyniquement ses bourreaux exhibent jusqu’aujourd’hui un certificat de décès mentionnant qu’il est mort de mort naturelle (en compagnie d’une dizaine d’autres personnes). Le ministre de la justice de l’époque n’est autre que l’actuel président du Burkina Faso. C’est pourquoi la veuve Mariam Sankara et ses enfants, représentés par les avocats formant le Collectif Juridique International Justice Pour Sankara ont poursuivi l’affaire au Burkina, jusqu’à épuiser tous les recours juridiques du pays. Ils ont alors porté le 12 Octobre 2002 l’affaire au comité des droits de l’homme de l’ONU.

Lors de sa 80ème session à New York en avril dernier, le Comité des droits de l'Homme des Nations Unies a jugé recevable la communication, contre le Burkina Faso. Ceci est une première et un précèdent juridique contre l’impunité en Afrique. Le Comité des droits de l'Homme de l'ONU a invité le Burkina à présenter dans un délai de six mois des explications ou des déclarations écrites propres à apporter des éclaircissements sur l'affaire. Le 27 Septembre 2004, le Burkina Faso a répondu en contestant la compétence du comité des droits de l’homme et en persistant dans une rhétorique cynique visant à distraire la question de fond de sa responsabilité dans l’assassinat de Thomas Sankara et de ses camarades. Il argue que la veuve Sankara et ceux qui la soutiennent ne cherchent qu’une vengeance et un discrédit du régime. Les avocats de la campagne ont à leur tour 6 semaines pour remettre au comité des droits de l’homme leurs observations.

Le Burkina Faso est une terre où l’impunité a été érigée en système politique et où les autorités continueront à entraver la justice dans cette affaire. Le déni des droits de l’homme attesté par les nombreux assassinats et formes d’intimidations qui ont eu cours dans ce pays font qu’il serait vain d’attendre, de la dynamique intérieure du pays, une saine évolution du dossier tellement le régime a le monopole du pouvoir exécutif législatif et judiciaire. En raison du soutien dont ce régime bénéficie de la part de plusieurs tenants de l’ordre mondial, il ne collaborera pas à une instruction transparente, sans une solide pression de l’opinion publique internationale. Dans son message exprimant sa gratitude au GRILA, à la CIJS et aux associations sankaristes, Mariam Sankara soutient que « Les contours de notre quête pour que justice soit rendue à Thomas Sankara se dessinent avec netteté, à travers la première décision du comité des droits de l’homme de l’ONU». Nous vous invitons donc à soutenir la campagne internationale Justice pour Sankara. Apportez votre soutien politique juridique et financier pour faire la lumière sur la mort de Thomas Sankara et sa dizaine de camarades, et adresser un message clair contre l’impunité en Afrique.


www.grila.org / Afrikara.com
Rédigé le Mardi 9 Novembre 2004 à 00:00 | Lu 3629 fois | 1 commentaire(s)





1.Posté par romsiten le 22/02/2007 17:11 | Alerter
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je suis en train de recolter des video d'archive du capitaine ...tout est dispo a cette adresse ...
http://www.dailymotion.com/romsiten

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