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Zanele Muholi

Le combat d"une lionne noire

La photographe et activiste visuelle sud-africaine a su proposer un moment fort au sein de ces 47e Rencontres internationales de la photographie


© Zanele Muholi
© Zanele Muholi
Retour gagnant pour Zanele Muholi avec son dernier projet « Somnyama Ngonyama » qui s'inscrit avec trois autres photographes dans l'exposition « Systematically Open ? Nouvelles formes de production de l'image contemporaine » proposée par la fondation LUMA. Une habituée d'Arles, qui concourrait en 2012 au prix Découverte des Rencontres et participait l'année d'après à l'exposition collective « Transition, Paysages d'une société ». Depuis plus d'une décennie, elle rend visible la communauté LGBTI (Lesbienne, gay, bisexuel, transgenre et intersexe) sud-africaine. Ce qui lui a permis d'obtenir une reconnaissance internationale. Militante, elle a cofondé en 2002 le Forum for the Empowerment of Women à Gauteng pour l'accueil des femmes noires lesbiennes, cibles de discrimination, de violences et de crimes haineux alors même que leurs droits sont garantis par la Constitution sud-africaine qui fête cette année ses vingt ans. L'année 2016 commémore également les quarante ans des émeutes de Soweto et les soixante ans de la marche des femmes contre l'apartheid. Tous ces événements ont inspiré Zanele Muholi pour sa nouvelle série.

Pour « Somnyama Ngonyama », dont le titre est tiré d'une phrase zouloue signifiant « Salut à toi, lionne noire », Zanele Muholi est à la fois commissaire de son exposition, photographe et modèle. La créatrice présente une série d'autoportraits réalisés au fil de ses déplacements de New York à Oslo en passant par Liverpool et chez elle à Johannesburg. Ces autoportraits questionnent la façon dont le corps noir a été représenté en photographie : « Mon approche en tant qu'activiste, résolument personnelle, a été d'affronter les questions de race et l'utilisation de pigments dans les photographies d'archive », précise-t-elle. Coquillages, pinces à linge et autres matériaux enrichissent ses coiffures en soulignant l'importance symbolique de la chevelure dans l'identité sud-africaine. « Le visage noir et ses détails deviennent le centre d'attention, forçant le spectateur à s'interroger sur son désir, en contemplant des images noircies de ma personne ». Chaque photo traduit un fait marquant de l'histoire politique contemporaine de son pays : vingt-deux ans après la fin de l'apartheid, le combat contre toute forme de racisme et d'inégalité reste toujours d'actualité.


Source Le Point Afrique

Roger Maveau/Le Point Afrique
Rédigé le Lundi 16 Janvier 2017 à 21:09 | Lu 183 fois | 0 commentaire(s)






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