Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Verre Cassé d’Alain Mabanckou

Soleil naissant d’une Littérature africaine réinventée ?

Poète, romancier et chroniqueur littéraire, Alain Mabanckou est originaire du Congo Brazzaville. Il est né en 1966 à Pointe Noire, enfant unique d’un père réceptionniste d’hôtel qui ramenait une pléthore de livres à la maison et d’une mère non scolarisée. Il obtint un diplôme de troisième cycle en droit [DEA] en France, puis exerça comme conseiller dans une filiale du groupe Suez Lyonnaise des Eaux à Paris tout en pratiquant sa passion pour l’écriture. Aujourd’hui il enseigne la littérature francophone et afro-américaine à l’Université du Michigan aux Etats-Unis.


Verre Cassé
Verre Cassé
L’écrivain congolais Alain Mabanckou vient de commettre un roman étonnant d’imagination et de truculence, Verre Cassé [Le Seuil, 2005]. Le cinquième roman de cet africain installé aux Etats-Unis ne laisse personne indifférent au contraire. Toutes les rédactions littéraires ou presque, les critiques et les maisons d’éditions l’encensent sinon se le jalousent sans faux-semblant. Au point que Bernard Pivot, pape des commentateurs littéraires français et membre de l’académie Goncourt qui plus est, se reprochait d’avoir jusque là ignoré le travail et le talent du jeune africain [Le journal du dimanche du 20 février 2005] …

Il faut dire que Verre Cassé, drolatique roman d’où nimbe une géniale inventivité dans l’écriture sans ponctuation et un imprenable angle d’observation d’une société africaine ivre de tribulations burlesques et d’impasses existentielles, est passé par là. Lauréat du tout nouveau Prix du Roman Ouest France, décerné par les lecteurs de ce journal sur proposition d’un comité de spécialistes, Alain Mabanckou fait figure de représentant de la nouvelle écriture africaine, celle de cette génération que l’Afrique, entre ses heurs et malheurs a vomie à l’extérieur d’elle. Condamnée à l’exil, au voyage, bon gré mal gré, elle expie son errance dans une littérature souvent politique mais tout autant légère, jubilatoire, ironique, caustique et inspirée.

Les Abdourhaman Waberi, Kangni Alem, Kossi Efoui, Rodrigue Norman, Théo Ananissoh, appartiennent à ces suivants des éléphants qu’ont été les Mongo Béti, Kourouma ou les ancêtres Césaire, Damas, etc. Suivant et pas nécessairement continuateurs. Autres temps, autres écritures. Passée l’époque des luttes de décolonisation, caduque les mirages des indépendances, voici venu l’ère grise du désenchantement, de la fin des idoles quelles qu’elles soient. Et la littérature de devoir inventer une Afrique à partir de sa réalité, coupée, décalée, vue et revue, corrigée de la trop grande proximité qui nuit à la lucidité du regard : l’exil peut avoir du bon, la diasporisation aussi. C’est le temps des Mabanckou, de la vue de l’Ailleurs, des brides idéelles lâchées, hors des figures littéraires ou politiques imposées. Place à la verdure, à l’inspiration.

Mais qui est donc ce jeune poète et romancier prolifique [six recueils de poésie, cinq romans] annoncé par la critique comme un futur grand, un écrivain classique de demain [mensuel Lire, Mai 2005] ? Qui est cet irrévérencieux qui arrache aux plus avars des compliments mal maîtrisés, y compris au professeur Romuald Fonkoua réputé parcimonieux, obligé de lui lâcher un « tu as franchi un pallier ». «Nouveau pallier», expression qui revient parlant de Mabanckou…


Celui qui fait le bonheur des critiques, Alain Mabanckou donc a eut l’éloge de Michel Abescat de Télérama [02 février 2005] qu’il est difficile de se refuser :

«Voici l'un des romans les plus savoureux du moment. Au fin fond du Congo, l'histoire d'un bar nommé Le crédit a voyagé. Sa légende, ses héros, sa geste et ses exploits, contés par un de ses piliers, à la fois poète et ivrogne magnifique, Verre Cassé... Vif et malicieux hommage à la parole, ce diable de texte est aussi un piquant album de voyage en littérature, plein de mille références, celles du narrateur, tombé dans les livres dès la prime enfance. Cinquième roman d'Alain Mabanckou... Verre Cassé ne se prive pas, enfin, d'envoyer chemin faisant quelques pointes politiques ou littéraires. Un régal, on vous dit !»

Finalement la littérature africaine contemporaine n’est pas si sinistrée que cela. Certes elle prend de plein fouet le désert ou semi-désert des politiques culturelles continentales, sécheresse qui avance avec les infortunes des conflits interminables et les fortunes des élites sans vision ni consistance. Mais si Alain Mabanckou avait la bonne idée de durer, dans ce qu’il semble s’être donné d’accomplir, alors on pourrait dire, sans ivresse, que le Verre de la littérature africaine est à Moitié Plein. Il restera toujours l’autre moitié objectera t-on à raison, mais pour l’heure c’est déjà cela.

b[A l'invitation d'Afrikara Alain Mabanckou sera en séance de rencontre-dédicace à la librairie Anibwe [52 rue Greneta 75 002 Paris] ce samedi 21 mai 2005 à 17 heures. Ave l'aimable participation d'Africa N°1. Entrée libre]b

Son œuvre est déjà riche d’une dizaine de livres, de poésie, de roman, et d’ouvrages collectifs.



Au jour le jour , [Saint Estève, Maison rhodanienne de Poésie, 1993, poésie].

L'Usure des lendemains , [Nouvelles du Sud, 1995, poésie], Prix Jean Christophe de la Société des Poètes Français

La Légende de l'errance , [L'Harmattan, 1995, poésie]

Les arbres aussi versent des larmes , [L' Harmattan, 1997, poésie]

Quand le coq annoncera l'aube d'un autre jour , [L'Harmattan, 1999, poésie]

Bleu, blanc, rouge , [Présence africaine, 1999, roman], Grand Prix littéraire de l'Afrique noire

Et Dieu seul sait comment je dors [Présence africaine, 2001, roman]

Les petits fils nègres de Vercingétorix [Le Serpent à plumes, 2002, roman]

African psycho , [Le Serpent à plumes, 2003, roman]

Tant que les arbres s’enracineront dans la terre , [Mémoire d’encrier, Canada, 2004, poésie]

Verre Cassé , [Le Seuil 2005, roman], Prix du roman Ouest France, traduction en anglais à venir.



Contre-offensive , ouvrage collectif de pamphlets , [Pauvert 2002]

Nouvelles Voix d’Afrique, ouvrage collectif de nouvelles, [Editions Hoëbeke, 2002]

Nouvelles d’Afrique , ouvrage collectif de nouvelles, accompagné de photographies, [Gallimard 2003]


Ze Belinga / afrikara.com
Rédigé le Dimanche 22 Mai 2005 à 09:58 | Lu 3848 fois | 1 commentaire(s)





1.Posté par MIASSOUAMANA ROLAND ARMEL le 06/04/2009 12:26 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Je suis un écrivain qui vient solliciter une édition de son recueil de poèmes dans votre maison d’éditions. J’ai un recueil de 50 poèmes contenus dans une quantaine des pages avec pour titre « BROUILLON D’ AMOUR ». L'envoi du manuscrit et le payement les frais se feront sur place après réception de la facture de commande définitive de l’édition.

Franche collaboration.

Roland ARMEL MIASSOUAMANA
miassouam@yahoo.fr

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


À lire aussi :
< >

Mardi 25 Octobre 2016 - 16:21 HEM'SEY MINA

A Lire | A Ecouter | A Voir | Life Style | Mémoires



MOKÉ TV

    Aucun événement à cette date.









App Store
Facebook
Twitter
Google+
Instagram
YouTube






Facebook
App Store
Google+
Instagram
Rss
Twitter
YouTube