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STELLA SASSOU-NGUESSO

Passionnée d'architecture d'intérieure

Stella est une congolaise qui a accepté de se dévoiler non pas tel que les autres la voie, mais tel qu’elle est, avenante, intuitive et optimiste. C’est une personnalité courageuse et attendrissante que nous vous invitons à découvrir.


STELLA SASSOU-NGUESSO
Votre charme et votre sourire accueillant désarme tout un chacun, pour autant vous êtes d’une grande discrétion, est-ce pour mieux vous préserver ?
Non, je ne le pense pas, le problème vient de ma très grande timidité. Me dévoiler est un petit peu difficile.
Votre personnalité se colore d'une note affective et chaleureuse. Le désire de plaire est-il important pour vous ?
Oui, bien sûr ! Au premier abord les gens me trouve antipathique, ils ont l' image d'une personne fermée voir suffisante alors que j’ai tellement peur de déplaire.
Vous vous sentez incomprise ?
Oui, c’est surtout cela.
Le risque de la beauté est de se retrouver confiner dans une forme de solitude, ces traits de caractères ne ressemblent-ils pas à ceux de quelqu’un qui vous est proche ?
Sourire !
Y a-t-il eu des manques dans votre jeunesse ?
Oui, certainement car j’ai grandi loin de mes parents. Déjà à 6 ans, je me suis retrouvée chez ma tante en France. A 14 ans, je reviens au Congo pour vivre chez mon père. Puis je repars de nouveau en France pour mes études, donc effectivement, je n’ai pas beaucoup passé de temps avec mes parents. Les seuls repères affectifs étaient avec mes frères, mes soeurs, mes cousins, mes cousines. Je ne pouvais avoir ma mère à côté de moi, ce sont mes soeurs qui m’ont servit de références.
Etes-vous de celles qui conçoivent l’amour passionnément ou plutôt tièdement ?
Quand on aime passionnément, on est capable de faire des choses démesurément, on perd les pédales très vite, la douleur est insupportable. Puis un jour, j’ai tourné la page définitivement.
Peu de gens savent votre passion pour l’architecture intérieure, la décoration, Est-ce difficile d’adapter ses goûts à ceux des autres ?
Difficile, quand on demande un style que l’on n’a pas l’habitude de faire, on a tendance à imposer ses préférences. On m’a demandé un jour de faire de l’art déco, j’aime le contemporain... ce n’était pas ce qu' on attend de moi!
Vous êtes timide et pourtant il faut un caractère bien trempé pour imposer ses idées. Qu’est ce qui vous a orienté vers la décoration ?
J’ai toujours eu ce besoin de changer la disposition des meubles dans ma chambre, de changer le papier peints, etc. J'ai toujours voulu être une actrice de cinéma ! Ma famille n’était pas d’accord ! (rires !) pour une timide...
Comment, ai-je bien entendu, vous dites actrice ?
Oui, parce que j’adorais l’actrice Joan Collins dans Dynastie!
Mais elle était méchante ? Vous êtes paradoxale pour une timide ?
Justement, je l’admirais beaucoup, elle avait de la classe et du caractère...
Êtes-vous une chineuse ? Vers quoi se portent vos découvertes ?
J’aime bien aller au marché découvrir toutes sortes de choses par exemple au Maroc je vais au souk où il y a toujours quelques choses de génial. Le milieu de la décoration requiert beaucoup de créativité, de persévérance et nécessite beaucoup d’expériences sur le terrain.
Avez vous réussit dans ce métier ?
Chez nous, c’est difficile. Les gens ne s’y intéressent pas tellement. Et cela n’a aucun rapport avec les moyens. Tout est bétonné et monotone, on préfère acheter à l’étranger alors que l’on peut faire sur place de très belles choses. Certes, par manque de matériel approprié les finitions sont parfois bâclées.
Je vous prends au mot ! Allez-vous fournir du bon matériel pour faire de jolies choses ?
Rire, pourquoi pas ?
Dans tous les cas, prendre la direction d'une entreprise, assumer des responsabilités, ne vous fait pas peur ?
Absolument pas, je suis capable de lutter pour défendre mes idées. Les obstacles me motivent encore plus, d’autant plus, que je ne manque pas de sens critique.
Quelles sont les qualités qu’une femme doit avoir pour réussir ?
Cela dépend, en tant que femme mariée ou pas ? Si vous posez la question, c’est que pour réussir il faut s’appuyer sur un homme ?
Une femme qui n’est pas mariée, est une femme qui manque d’équilibre. Etre seule, sans quelqu’un à côté de soi, pour vous accompagner dans la vie
constitue un obstacle surtout dans notre société. Il y a des moments difficiles à traverser pour un couple mais l’idéal de vie est dans l’union, avoir des enfants,
vivre en harmonie familiale.
Toutes ses valeurs que vous prônez, sont sans doute encore une fois, inspirées de vos manques ?
Oui, c’est tout à fait cela
Pensez-vous que les femmes d’aujourd’hui sont plus responsables et autonomes ?
Par rapports aux mamans que je connais, les femmes se débrouillent beaucoup mieux et veulent être indépendantes.
Elles font de plus en plus d’efforts pour s’affranchir de la tutelle de l’homme.
Vous sentez-vous dépendante ?
(Rires), je suis assez autonome mais j’ai toujours besoin d’être rassuré par un homme à mes côtés.
On a le sentiment que vous parcourez calmement votre vie alors que votre santé vous cause beaucoup de soucis et que vous avez
traversé des moments difficiles.
Cependant, vous ne semblez jamais abattue par les vicissitudes de la vie.
Pouvez-vous nous en dire plus sur ce sujet douloureux ?
Après quelques secondes de résistance, elle éclate en sanglot, vaincue par le souvenir de cette crise à onze ans, où
sa soeur ainée la transportait au dos en montant les quatre étages de l’hôpital par les escaliers, pour la faire
hospitaliser…
Gênée, je lui propose d’arrêter l’interview, mais elle me signifie qu’elle veut continuer… ce qu’elle fait en ce concentrant.
Je m’appuie sur cette douleur, pour la transformer en énergie.
Quel est votre quartier préféré ?
J’aime bien aller me balader du côté de l’OMS, c’est un endroit reposant. Cette image de ce fleuve puissant, mélange de force et de sérénité m’inspire
beaucoup.
L’absence de grandes salles de cinéma tel que le Vog qui est fermé, ne constitue pas un vide pour vous ? quels souvenirs gardiez-vous de cette période où les salles étaient combles ?
Très bruyant, les gens faisaient des commentaires et du tapage pendant les films mais c’était distrayant !
De par vos voyages, vous avez sans doute des idées pour l’embellissement de notre Capitale ?
Ici, nous n’avons pas de quartier dit pour sa mémoire je ne peux accepter de céder dans le défaitisme, elle avait
une force de caractère extraordinaire, elle est l’exemple du courage et de la détermination à se dépasser quelques soient les épreuves que nous subissons.
Quel est le plus beau souvenir de votre enfance à Brazzaville ?
Mes meilleurs souvenirs sont mes vacances passés avec toute ma famille mais aussi la connaissance d’autres personnes auxquelles je me suis
attachée notamment à Kinshassa. On prenait toujours le temps d’aller visiter d’autres pays en famille. Saviez-vous
que le Palais de justice inauguré en 1955, est un chef-d'oeuvre de l'architecte Normand. Une oeuvre de l'architecture climatique adaptée
aux pluies, aux vents dominants et à la lumière ?
Non, je ne le savais pas, merci pour l’info.
Pourquoi ne favorise-t-on pas les monuments et sites historiques à Brazzaville ?
Tout à fait, je pense au musée Marien Ngouabi, c’est un lieu que l’on devrait aménager et embellir pour donner envie« privilégiés », tout est mélangé,
de belles maisons côtoient des parcelles aux vieilles bâtisses sans mur. Il faut embellir et restructurer les quartiers de Brazzaville. Au Togo par exemple
avant de construire, on demande de clôturer la parcelle. Nous avons une très belle avenue de la paix qui peu devenir une avenue touristique et
commerciale de haute facture si chacun y met du sien pour la rendre propre et attrayante. Favoriser l’installation
de beaux magasins avec de belles devantures et non des quincailleries où l’on expose des WC dehors !
Quels sont vos projets immédiats ?
Mon association ACPR (Association de Conseil Pour la République) m’occupe énormément. Notre objectif est de recenser les besoins et attentes des
populations par des concertations de proximités et de suivre les actions proposées pour être traitées à tempsdans les quartiers. Je suis très sensible à
la participation collective pour aller de l’avant dans les changements positifs de notre pays.

"Les idées sont pour elle, comme des étincelles qui se frottent les unes contre
les autres, par la créativité et l’échange. Efficace, à ses yeux, un combat n'est
jamais perdu. Stella ne se laisse jamais abattre par un obstacle et elle trouve
toujours des ressources pour rebondir de plus belle !"


Par Patricia Kounkou
Rédigé le Jeudi 17 Février 2011 à 12:30 | Lu 3337 fois | 1 commentaire(s)






1.Posté par BOUITY Charden le 25/07/2011 08:09 | Alerter
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Je suis très content de lire ton interview et de savoir que tu aime tant ton pays. Le Congo a besoin des gens comme vous pour avancer, vous qui avez tant d'énergie. Je souhaiterai que tu puisse reussir dans tes projets et que BASANGO continue toujours de nous faire connaitre des gens qui ont de l'amour pour le pays. Bonne chance à toi et à BASANGO

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Vendredi 16 Décembre 2016 - 17:10 PATRICIA ESSONG

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