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Robert Nesta Marley, a Trench Town: interview exclusive!

Une soirée avec Bob

L'adolescent Marley a vécu dans la maison du père de son ami Bunny Livingston. Il écoutait dur son transistor, captant la nouvelle-Orléans lorsque les vents le permettaient. Son chanteur favori était Brook Benton et le jour où il réussit à convaincre quelqu'un de le laisser enregistrer plusieurs morceaux, le premier qu'il choisit fut le " One Cup of Coffee " de Benton. En 1964, Marley tomba sous l'influence de deux musiciens plus âgés que lui. Joe Higgs était un chanteur-arrangeur connu qui sut apprendre à Marley les rudiments de l'arrangement vocal et l'art d'être un type cool. Alvin Seeco Paterson était, lui un percussioniste rasta qui initia Bob au rythme et au tempo. [A Trench Town]URL:http://www.basango.com/index.php?action=article&id_article=78988&id_rubrique=1097


Bob Marley
Bob Marley
Il est tard et la lumière tombe, Alors Marley emmène son visiteur dans l'arrière cour, il s'allonge sur le capot de sa voiture et se laisse aller sur une variété de sujets sans jamais lâcher ce joint gros comme un cigare...


Le fait d'être le musicien sur lequel tout le monde compte pour populariser encore plus le reggae ne vous pèse-t-il pas ?
" Bien sûr, les autres frères m'utilisent comme un véhicule. Mais nous avons un message et nous voulons le faire passer. Le message est de vivre. Mon message au monde est Rastafari ! Ce qui est bon doit recouvrir le monde comme l'eau recouvre la terre, mais notre tête est complètement perturbée. Personne n'apprend aux autres la vraie façon de vivre. En ce moment le diable a uneénorme influence. Mais si vous voulez mon avis, l'influence du diable mène à la mort alors que Jah mène à la vie...
" Yeah mon, les Rastasdoivent retourner chez eux en Afrique. Cela semble drôle pour certains, quelquefois cela semble une chose folle. Mais c'est notre désir profond de retourner en Afrique. Des choses sont arrivées il y a lontemps qui doivent être révélées et jusqu'à ce que cela se fasse...Je suis toujours en captivité."

Est-ce que les Rastafariens vont s'organiser pour faire de la Jamaïque une autre Afrique ?
" Non ! pas d'espoir pour la Jamaïque. Nous aimons la Jamaïque, vous savez, mais pour les Rastafariens c'est une terre souilée. Comme un oeuf se casse, vous ne pouvez le réparée. Ni pour moi, ni pour les Rastafariens. Lorsque nous voyons le système, nous voyons la mort. Ici les gens doivent se battre pour tout."

Les musiciens de reggae sont accusés, ici en Jamaïque, de vendre la culture jamaïcaine...
" Nous ne vendons pas notre culture. Si Dieu ne me donnait pas de chansons à chanter, je n'aurai pas de chansons à chanter. Ecoute : " Jusqu'à ce que la philosophie qui dit qu'une race est supérieure à l'autre soit définitivement discréditée et abandonnée, c'est la guerre..." Dieu ( Hailé Sélassié ) a dit cela. Je ne fais que le répéter au monde. On ne peut pas vendre une culture."

Est-ce que vous irez en Afrique ?
" Yeah mon ! Le temps est venu, vous comprenez ? Marcus Garvey a dit : " L'Afrique aux Africains". vous ne pouvez discuter avec ça.
" Tout le problème vient de ce que le diable a besoin de la vie de tout le monde. Mais ici, vous ne pouvez pas travailler pour avoir ce que vous voulez. Vous ne pouvez jamais atteindre votre but. Le systéme tue le peuple, c'est pourquoi nous devons tuer le système. Tout le monde veut conduire une voiture. Personne ne veut conduire un âne. " Je n'aime qu'un gouvernement, le gouvernement de Rastafari. Nous venons d'Afrique et personne dans le gouvernement ne l'accepte. Ils veulent que nous pensions que nous sommes tous jamaïcains. La majorité des jamaïcains veut retourner en Afrique, mais le gouvernement dit que nous devons vivre et mourir ici. Aujourd'hui n'est pas le jour mais lorsqu'il arrivera, 144 000 d'entre nous rentreront. Nous parlons des Douzes Tribus d'Israël, Douzes Tribus. Le gouvernement a tort, je ne sais pas ce qui se passe avec eux. Les politiciens s'en foutent du peuple. Seul Jah y faitattention. Ils disent: " Chacun pour soi et Dieu pour tous." Yeah mon ! c'est la guerre! La jamaïque c'est l'enfer. Jusqu'à ce que nous retrouvions nos racines, la politique existera toujours. Si nous retrouvons nos racines, nous pourrons vivre.
" Le reggae, le rock, le soul; chaque chanson est un signe. Mais il faut faire attention à quelle sorte de chanson et de vibration vous donnez au peuple, car " malheur à ceux qui mènent mon peuple à la dérive ". En tant que chanteur, j'aime mieux chanter pour tout le peuple que pour la moitié du peuple. Vous devez faire attention à la chanson que vous chantez. Et si Babylone veut nous exploiter, cela ne fera qu'avancer sa chute. Si nous somme de vrais frères, l'argent ne peut pas être un mur entre nous. Vous comprenez ? Bon !

" Bien sûr , les gens me volent et essayent de me tromper, mais maintenant j'ai de l'expérience. Maintenant je sais et je vois et je ne suis plus trompé. J'ai fait des disques et je n'ai pas touché les royalties. Cela arrive encore parfois. Tous les disques des Wailers ont été fait ici, mais ils ont été piratés en Angleterre. Toutes les compagnies anglaises volent, mon. Tous ceux qui s'occupent de la musique des Antilles sont des escrocs..."

Quels musiciens de reggae estimez-vous ?
" Les I-threes, Burning Spear, Big Youth, toute la musique jamaïcaine. J'aime le Dub (le reggae instrumental), mais je n'en fais pas beaucoup. Dubb signifie précis et serré. La perfection. Lorsque les Wailers disent qu'ils vont dubber, cela veut dire qu'ils vont jouer le morceau ainsi."

Comment se fait-il que l'onn n'entende que peu de reggae à la radio jamaïcaine ?
" C'est parce que le reggaeparle de la vraie situation en Jamaïque. Certaines personnes n'aiment pas entendre la vérité. Mais ce n'est pas grave, si les gens ne l'entendent pas à la radio, ilsl'écoutent chez eux, ou ils vont danser et ils l'entendent encore. La radio est importante mais lorsqu'une chanson sort et qu'elle n'y passe pas, la grosse promotion consiste à dire que cette chanson est interdite et lorsqu'une chanson est interdite tout le monde veut l'entendre...Hyuh, hyuh, hyuh...
" Ne me parle pas de Manley et du gouvernement. Manley ne peut pas arreter la prophétie. La prophétie doit suivre son chemin. L'herbe est lemédicament des nations. Manley peut dire se qu'il veut ( au sujet de la légalisation de la ganja) mais la police reçoit ses ordres d'ailleurs. Manley est venu ici un jour et on a fumé. Non, moi et les frères on a fumé ensemble. Hyeeuh !
" Je ne condamne pas les gens, je laisse le jugement à Jah. Nous ne condamnons pas les individus, nous condamnons le système. Par exemple, un Rastaman s'assied et fume eupeu d'herbe, avec une bonne méditation, et un policier vient le voir, le fait se lever, le fouille, le frappe et le met en prison. Alors pour qui est ce que se type fait ça ?
L'herbe posse comme de l'igname ou du chou, elle pousse simplement. Le policier fait cela pour faire du mal.
" Les Rastas disent : il est bien de penser du bien de vous mêmes et des autres. L'inspiration vient tout droit de Jah, Yeah mon. Yeah, mon. Le bateau tangue mais nous tenons bon.
" Le Rhum vous détruit l'interieur, il vous tue comme le système. Le système refuse l'herbe parcequ'elle vous rend trop solide. Vous voyez, lorsque vous fumez de l'herbe, votre conscience vient droit en face de vous. Vous la voyez, vous voyez ?
Alors le diable n'aime que vous restiez conscient et fassiez le ménage dans votre vie. Parce que vous n'allez plus faire de bétises. Yes, Rasta ! L'herbe est le médicament de la nation.
" Mais bien d'autres vont devoir souffrir et bien d'autres vont devoir mourir. Ne me demandez pas pourquoi. Mais Rasta n'est pas violent, Rasta est physique. Vous comprenez ce que je veux dire ? Nous ne sommes pas comme des moutons dans un abattoir, ils n'ont simplement pas le pouvoir nécéssaire pour faire certaines choses contre nous."

Ne craignez-vous pas pour votre propre sécurité à cause de la situation politique ?
" Non, monsieur. No, mon. Ils ne me fond pas peur. Si je peux les éviter, je les évite. Si je marche dans la rue et que je vois un barrage de police, et si je vois aussi une rue qui me permette de tourner avant le barrage, je tourne. C'est une saloperie, de toute façon. Si quelqu'un veut me tuer, si quelqu'un veut me faire mal et si la seule chose que je puisse faire c'est de me défendre, je me défends. Yes, mon, cela me regarde et personne d'autre. Gun Court ? ( La prison de Kingston ) Une saloperie, mon."

Est-ce que vous avez une prédiction sur votre avenir et sur celui du reggae ?
" Vous verrez ce qui va arriver. Cela ne prendra pas beaucoup de temps. Je ne peux pas le dire, parce que si j'avais le pouvoir de le dire, je le dirais et les gens essaieraient de m'arrêter. Je sais ce qui va arriver. Le reggae va devenir un vrai combat, cela arrive déjà, c'est la musique du tiers monde. Vous ne pouvez le comprendre en un jour, cela vient peu à peu."

Le crépuscule était tombé sur le jardin de Marley et, au dessus de l'horizon, l'argent d'une lune de cire brillait comme un réverbère. Alors que nous bavardions, des figures sombres se regroupaient comme des ombres autour de la voiture pendant que Marley parlait. Une jeune beauté se joingnit à notre groupe, concentrée sur le discours de Marley avec l'étranger. Puis le shaman termina son joint et il s'isola dans le royaume de la ganja...




Robert Nesta Marley naît le 6 février 1945 à St-Ann !

The Wailers
The Wailers
Robert Nesta Marley naît le 6 février 1945 à St-Ann, dans la paroisse de Nine Miles. Fils d'un capitaine blanc de la marine parti une fois son forfait commis et d'une paysanne jamaïcaine noire, il découvre la difficulté d’être métisse, pris entre deux mondes qui s’ignorent. Adolescent, il quitte la campagne pour Kingston, comme beaucoup de jamaïcains que la misère poussent vers les villes. Pourtant, le travail y est rare et Bob vit à Trenchtown, sordide ghetto où se concentrent la pauvreté, le crime et la crasse, dans une promiscuité bien peu poétique au premier abord. Là, il rencontre Bunny Livingston, puis Peter Mackintosh, comme lui passionnés de musique. Peter joue un peu de guitare et les trois amis chantent les tubes de Rythm'n'Blues entendus sur les radios.

Bob Marley enregistra son premier morceau, Judge not, à 16 ans, en 1961. Une industrie musicale commençait à se développer à Kingston, de façon désordonnée. Judge Not passe inaperçu mais Bob persiste. En 1964, il forme les Wailing Wailers avec Peter Tosh et Bunny Wailer. Bientôt, ils signent un contrat avec le Studio One, le label de Clement "Coxsone" Dodd. Leur premier titre, Simmer Down, sera le tube de 1961 en Jamaïque. Devenus les Wailers, ils travaillent avec Leslie Kong, puis avec Lee "Scratch" Perry. A chaque fois la collaboration est fructueuse sur le plan artistique mais décevante sur le plan financier. En Jamaïque, les droits d’auteurs ne signifient pas grand chose, et même les chanteurs à succès ne parviennent pas, alors, à vivre de leur production. Les Wailers ne perçoivent que très peu d'argent tout en étant d'énormes vedettes locales. Cheveux courts, costumes chics, les Wailers jouent du ska et du Rock Steady. La compétition, alors, est rude. Pour beaucoup de jeunes du ghetto, la musique constitue un espoir de sortir de la misère. En 1971, la chanson Trenchtown Rock cartonne dans toute l'île.

trenchtown_rock.mp3 trenchtown_rock.mp3  (2.72 Mo)


By Stephen Davis / Peter Simon 1977
Rédigé le Samedi 3 Mai 2003 à 00:00 | Lu 2644 commentaire(s)




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