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Ray Lema

Eclectique

Dans son nouvel album, Paradox, enregistré en trio avec Etienne Mbappe à la basse et Francis Lassus à la batterie, Ray Lema s’autorise l’éclectisme des langues et des genres. Une diversité nullement surprenante chez un musicien que les définitions réductrices ont toujours exaspéré.


Ray Lema
Ray Lema
RFI Musique : Improvisez autour d’un mot que vous semblez aimer, "paradoxe" puisqu’il donne son titre à votre album…
Ray Lema : Nous sommes dans une société assez paradoxale en ce moment, dans le sens où les meilleures analyses sont faites, à tous les niveaux. Mais en même temps, nous agissons complètement à l’opposé des enseignements et des conclusions de ces analyses. Prenons l’exemple du tabac. Regardons d’où est venue la cigarette. J’ai vu un jour une émission sur la formulation chimique de la cigarette. C’est un coup de poing quand tu te rends compte qu’il y a des produits non naturels qui ont été mis ensemble et mixés pour arriver à cela. Les gens qui ont imaginé la cigarette sont riches, vivent bien, on les connaît. La cigarette continue à se vendre et tout le monde tremble pourtant devant les conséquences de la consommation du tabac. Ce genre de paradoxe commence à me peser. Je me dis : comment pouvons-nous avoir une société si évoluée et en même temps si infantile.

Faut-il également lire un paradoxe dans le fait d’être musicien aujourd’hui ?
Il est nécessaire de bien voir la séparation entre le vedettariat et le musicien. D’un côté, il y a notre envie de faire de la musique qui nous donne une petite joie indéfinissable et de l’autre, le fait que l’on se paye un costard pour être un produit de consommation, un processus, dont nous musiciens, ne sommes pas toujours maîtres. Donc oui, il y a là quelque chose, effectivement, qui tient du paradoxe.

Pour un musicien qui, comme vous, trouve du sens dans l’idée de francophonie, n’est-il pas paradoxal de chanter en anglais comme vous le faites sur certains titres de votre album ?
Non, puisque je suis marié à une Américaine et qu’à la maison, nous parlons anglais. Donc autant je suis francophone, autant je peux être anglophone. Ce n’est pas un paradoxe mais la réalité de certains citoyens du monde aujourd’hui.


Quand vous écrivez pour ce disque un titre en hommage à Ali Farka Touré et reprenez C’est une Garonne que vous aviez composé pour Claude Nougaro, c’est un geste d’amitié ou un acte de mémoire ?
Les deux. L’un comme l’autre étaient des amis personnels et m’ont appris des choses. Avec Claude, j’ai appris la maîtrise de la langue française. Bien que je vive en France, habituellement, je ne chante pas en français. Je me risque aujourd’hui au français et j’aimerais rentrer tout doucement sur la pointe des pieds dans cette langue française, avec beaucoup de modestie. Claude m’avait ouvert les yeux sur cette langue. Pendant qu’on travaillait sur son album (Chansongs, sorti en 2004, ndr) où se trouve cette chanson, à la maison, un jour, je lui parlais de mon admiration devant sa manière d’écrire la langue. Il m’a répondu : "tu sais, c’est simplement un entraînement et puis un toucher. Comme toi, j’aime bien ton toucher avec les notes, moi j’ai un toucher avec les mots". Et après il est parti à me parler de mon studio d’enregistrement d’une manière telle que tout d’un coup, j’ai redécouvert cet endroit où pourtant je suis tous les jours. C’est extraordinaire, cet art de la langue, et moi j’aimerais vraiment petit à petit, pouvoir entrer dans le français. Quant à Ali, on se croisait dans les festivals mais on n’avait pas eu vraiment l’étincelle ensemble, jusqu’au jour où l’on s’est retrouvé dans un même spectacle au Brésil. Jorge Ben Jor nous avait invités dans son concert (il y avait Angélique Kidjo, aussi). Ali m’a dit : "quand je te regarde, il y a des moments où t’es vraiment un Blanc et d’autres, où t’es vraiment un Africain". Ah bon ! Il a poursuivi alors, en me disant : "on va en parler". C’est comme cela qu’il m’a invité chez lui, à Niafunké, au Mali. Il m’y a beaucoup parlé de la culture africaine, m’a appris. Ces deux mecs, c’étaient des amis, mais en même temps, je leur dois un travail de mémoire car ils m’ont amené des choses fantastiques.

Dans les remerciements écrits sur le livret, vous citez en premier le Dalaï Lama. Pourquoi ?
Le mot "paradoxe", je l’ai trouvé dans un discours du Dalaï Lama. Ce type a une façon de parler de la société occidentale dans laquelle nous vivons aujourd’hui sans animosité, en affichant au contraire un sourire d’une extrême gentillesse. Il montre simplement plein de réalités qui sont complètement déjantées, dit des trucs extraordinairement vrais sur nous. Je ne suis pas bouddhiste mais la façon qu’a ce monsieur de regarder les choses et les gens sans juger, me touche beaucoup.


Ray Lema Paradox (Laborie Records/Naïve) 2007
En concert le 10 mars à Paris (New Morning), le 23 mars à Montpellier (Jam), le 15 mai à Rouen (Théâtre Duchamp Villon
)


Source rfi musique Paris
23/02/2007
Patrick Labesse

Lu 1750 fois
A Ecouter
Rédigé par Patrick Labesse le 24 Février 2007 à | Lu 1750 fois


1.Posté par dany le 06/03/2007 12:40 | Alerter
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justement a propos du dalai lama je cherche désespérément un discours ou il a plus ou moins dit que les africains étaient des fainéants
quelqu un aurait il un indice? merci!


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Lorsque « Catch a Fire » sort en 1973, le monde est loin d’être préparé à la révolution « roots » qui se prépare : celle-ci n’en allait pas moins laisser sous dépendance, dix ans plus tard, une scène rock en pleine reconversion tiers-mondiste lors de la mort prématurée du chanteur de St-Anne,Jamaique(+11/05/81,Miami) C’est qu’entre-temps se sera en effet imposé sans contestation possible le groove hypnotique du reggae, sous l’influence décisive de cinq desperados au verbe haut et à l’engagement sans faille : les Wailers.

Bob Marley, Peter Mc Intosh, Bunny Livingstone, Aston(Familyman)Barrett, Carlton Barrett : il est convenu de dater le début de l’ascension extraordinaire des cinq hommes de leur premier opus pour la maison de disques Island. En réalité, leur activisme musical remonte à bien plus tôt. Ska, rock-steady, cantiques, reprises Soul ou doo-wop, cela faisait en réalité dix ans que les Wailers écumaient les studios de Kingston. Autant dire qu’en 1973, ils sont fins prêts pour faire le grand saut, et c’est Chris Blackwell qui leur tend la perche. Les cinq amis se rendent à Londres pour retravailler sous son contrôle les bandes de l’album originel enregistré en Jamaique un an auparavant. Des musiciens de studio rompus à ce type d’exercice (Wayne Perkins, guitare/ « Rabbit »Bundricks, synthétiseur,clavinet & piano électrique notamment ) garantissent la touche de sophistication susceptible d’accrocher le public rock. « Catch a Fire » ne devait obtenir qu’un succès d’estime auprès du public blanc. Avec des compositions aussi importantes que « Concrete jungle », « Stir it Up », « Kinky reggae » ou « No more trouble »,ça n’est que bien plus tard que l’on prendra conscience de son rôle véritablement fondateur dans l’essor artistique du groupe. Le disque est bien sûr depuis lors disponible de même que chacun des dix autres enregistrements de Marley. Le mérite de cette édition spéciale remasterisée est de rendre chacune des chansons à sa luminosité acoustique originelle. Elle est surtout de nous donner à entendre la version première et inédite de l’album, telle qu’enregistrée en 1972(Harry J. studios) par cinq amis en état de grâce qui s’apprêtaient sans le savoir à écrire un nouveau chapitre -majeur- de la musique noire. Et c’est un tel plaisir de retrouver Le chant habité de Bob habillé des merveilleuses harmonies soul de Rita Marley et Marcia Griffiths(rejoints bien souvent par Peter Tosh et Bunny Wailers) !...Les deux chansons inédites dont le premier disque nous offre la primeur sont de ce point de vue tout à fait exemplaires de l’ancrage R’n’B des Wailers, petites perles à l’évidence groovy interprétées sans fioritures dans un subtil alliage tout à la fois de langueur et d’efficacité rythmique(Thank you, Familyman !)...Bref, du grand art...A réecouter (ou à découvrir !) absolument.

Edmond Mouelle Koula / Afrikara.com
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"Ruptures", très particulière exposition de l'artiste congolais Gastineau Massamba, à partir du 5 Avril à Basango Point Culturel. Gastineau présente sa première grande exposition avec des œuvres engagées, lesquelles prennent leur force grâce à l'utilisation du fil comme matériel de travail. Né dans une famille d’artistes, Gastineau Massamba est aujourd’hui l’un des peintres les plus prometteurs du pays



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le 31 mars 2012, MDC Events veut rendre hommage à la figure féminine en général et à la femme congolaise en particulier.
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L’objectif du « Liputa Day » est de faire connaitre plus en profondeur le pagne, d’explorer et de promouvoir
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