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Quince Duncan

La culture occidentale est traditionnellement ethno phobique et tend à éliminer ou invisibiliser la diversité

Nier l’existence des races est en train d’être remis à la mode. Tout d’abord dans les cercles de l’anthropologie, puis dans ceux de la génétique, et dans les milieux les plus "évolués" de la science mondiale, on nous dit encore et encore que la race est un concept erroné, une idée dépassée.


Quince Duncan
Quince Duncan
La question est de savoir si cette campagne croissante est de la science ou un nouveau mythe raciste. Même si la dichotomie que je viens de faire est fausse : la science occidentale s’est nourri et a accouché de nombreux mythes racistes.

Voyons: le mot race vient de l’italien razza (Marquer, 1969) et signifie famille ou groupe et a aussi des racines dans le mot arabe ras, qui indique l’origine ou la descendance. La race fait spécifiquement référence aux différences physiques existant entre les groupes d’êtres humains, tels que la forme des yeux, la couleur de la peau, la forme (couleur et texture) des cheveux.

Ces caractéristiques sont biologiques, et par conséquent, transmissibles génétiquement. Un chinois et une noire ne peuvent pas procréer un enfant aux yeux bleus et aux cheveux blonds, à moins qu’il y ait des ascendants blancs dans leur famille.

Les marqueurs employés pour définir une race ne surviennent pas spontanément dans d’autres groupes.
C’est pourquoi il ne peut y avoir de race de gros, car on peut trouver des gros dans tous les groupes. Historiquement, une race avait une origine territoriale commune, mais aujourd’hui, tous les groupes raciaux sont dispersés à travers la planète.

Or, malgré le fait que ces marqueurs sont biologiques, ils ont été construits historiquement par le biais d’un processus de sélection sociale. Je m’explique : les marqueurs utilisés sont phénotypiques, c’est-à-dire, des caractéristiques physiques externes, mais c’est un groupe social qui a décidé qu’une race se distinguait par la couleur de la peau, par la forme des cheveux ou par la forme des yeux. Ils auraient pu utiliser uniquement la couleur des yeux, ou ajouté un autre élément, mais ils ont choisi ces aspects qui leur permettaient de se distinguer et de distinguer les autres groupes. En d’autres termes, le but était de se différencier.

La condition de concept historiquement construit explique pourquoi le concept de race a changé au cours de l’histoire, même si la base de quatre races reste la même : la mélanoderme d’origine africaine, l’australoïde, qui correspond aux aborigènes d’ Australie et de Polynésie, la xanthoderme dans laquelle on retrouve des groupes orientaux comme les chinois, les japonais, les coréens et d’autres asiatiques aux yeux bridés,et aussi les indigènes d’Amérique, et finalement, la leucoderme ou blanche d’origine européenne, incluant ses formes extrêmes qui vont des scandinaves aux berbères d’Afrique du Nord.

Il faut signaler que les individus des groupes raciaux n’ont pas nécessairement toutes les caractéristiques de leur groupe, de telle sorte que cela devient une affaire de statistiques, puisque une personne sera classée comme faisant partie d’une race déterminée si elle possède suffisamment de traits pour être l’objet d’une telle classification.

De plus, aujourd’hui, l’idée des "races pures" a été abolie puisqu’il a été prouvé scientifiquement que l’humanité constitue une seule espèce et historiquement, la norme a été celle des métissages constants, par conquête ou par règle (mariages exogames) et par conséquent les races ne sont pas autre chose que des constructions sociales basées sur des variations phénotypiques, lesquelles font partie processus d’adaptation de l’être humain à son environnement. Par conséquent, il n’existe pas d’attributs moraux ou mentaux spécifiques à une ou à l’autre race.

De plus, le poids de ce concept varie selon la culture. Par exemple, en Amérique Latine, la couleur de la peau est importante, mais elle se combine à la classe sociale de la personne. Un afro métisse à la peau claire pourrait être classé comme blanc ou noir selon qu’il ait un niveau plus ou moins grand d’éducation formelle, selon la manière qu’il s’habille et selon la classe sociale à laquelle il appartient. Aux Etats-Unis au contraire, une personne afrodescendante est considérée "noire" indépendamment de la couleur de sa peau.

EN CONCLUSION, on peut dire qu’une race représente un groupe humain ayant des traits phénotypiques communs entre eux. Ces traits physiques sont transmissibles génétiquement et par conséquent ne surviennent pas spontanément dans d’autres groupes. Chaque race a une origine territoriale commune, mais de nos jours, on les retrouve dispersées sur la planète entière.
Les marqueurs de chaque race surviennent par comparaison et sont sélectionnés culturellement, et en général, le groupe dominant impose son critère.

La recherche génétique démontre l’unité de l’ESPÈCE, et c’est un fait irréfutable.
Le fait que le concept de race se soit construit socialement n’implique pas qu’elle n’existe pas. C’est une réalité de notre culture, de la même ampleur que de nombreuses autres constructions sociales.

Si les races n’existent pas, l’église Catholique n’existe pas non plus. Et la République de Panamá, et les États-Unis non plus. Car toutes ces entités sont des constructions sociales ou si vous préférez, des constructions socio- spirituelles.
Dire que les races n’existent pas, c’est dire que les genres n’existent: les hommes et les femmes n’existent pas, seuls les humains existent, malgré les différences biologiques, puisqu il se trouve que le genre est également une construction sociale.

Réfléchissons bien. La culture occidentale est traditionnellement ethno phobique et tend à éliminer ou invisibiliser la diversité.
La négation des races, qui nous vient des milieux académiques occidentaux les plus prestigieux serait une nouvelle stratégie raciste dont l’objectif est NOTRE

INVISIVILISATION DÉFINITIVE. Si nous n’existons pas en tant que race, il n’existe aucun problème. Si les noirs n’existent pas, la discrimination n’existe d’aucune manière. S’il n y a pas de noirs, il n y a pas de discrimination, auquel cas, passons donc à autre chose.

Traduit de l'esapgnol par Guy Everard Mbarga

*Quince Duncan, écrivain Costaricain. Membre de l’ Asociación Proyecto Caribe, affiliée à l’ Organización Negra Centroamericana ONECA. Rompre le silence.

http://www.etnianegrapanama.org/QUINCE.html

Guy Everard Mbarga
Rédigé le Jeudi 4 Janvier 2007 à 12:21 | Lu 2230 commentaire(s)




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