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Plus d’espace(S) pour la culture

Jussie Nsana a créé en 2007 à Brazzaville l’espace artistique et ludique « Nsan’Art »; maintenant qu’elle vit à Pointe-Noire, elle aimerait bien démarrer le deuxième « Espace Nsan’Art ». Tous les deux centres partageront des expériences, dans un projet qui a pour but de promouvoir les arts plastiques au Congo.


Jussie Nsana
Jussie Nsana
Jussie Nsana est une de ces personnes qui croient en ce qu’elles font. Elle s’est fixé un objectif. Cette artiste de 28 ans, née à Brazzaville et arborant un air timide, ne veut pas accepter que les arts plastiques soient relégués au second rang. Jussie a le besoin de partager sa passion pour la peinture ; elle veut que les autres expérimentent l’émotion qui suppose le mélange des couleurs, la technique de l’oléo ou les minutes passées en groupe en inventant une nouvelle idée. Pour atteindre cet objectif elle a créé l’association culturelle à Brazzaville « Espace Nsan’Art » où, à travers différents ateliers elle enseigne comment aimer et travailler la peinture. Si tout va bien, le deuxième « Espace Nsan’Art », ouvrira ses portes à Pointe-Noire en octobre 2013.
Les enfants sont le meilleur public de Jussie; en fait ce sont eux qui la comprennent mieux, et c’est en eux que l’artiste peintre et maîtresse met tous ses espoirs. Parce qu’ils seront le futur des arts plastiques; dans leurs mains justes, cet art ne sera plus une discipline en suspens comme dans la majorité des écoles congolaises. Dans ce cas, ce n’est pas que de l’amour pour l’art, mais de l’amour pour le Congo.
Le projet de Jussie commence à se forger quand elle n’est qu’une petite fille. Son nom était motif de moquerie à l’école, parce que dans la langue munukutuba, le mot nsana fait référence à orphelin ou un frottoir dont on se sert pour nettoyer les corps sous la douche. Ainsi, paradoxalement ce mot qui l’a tellement torturée, est devenu l’insigne de son travail et un cliché qui marquera la vie des enfants, dans le bon sens.
Jussie est née et a grandi dans le quartier brazzavillois de Mfilou ; là-bas elle a cultivé sa passion pour la peinture à l’air libre, parce que la parcelle où elle habitait n’était pas fermée. À chaque fois que l’artiste peignait, beaucoup d’enfants se rapprochaient, curieux et intéressés par « la découverte de nouveaux matériaux ou simplement par la contemplation d’un tableau qui les étonne», affirme Nsana. Il n’y a pas beaucoup d’espaces culturels dédiés aux enfants au Congo, mais cela ne veut pas dire, évidemment, que l’esprit artistique n’existe pas.
Devant ce constat, Jussie s’est mise au travail. Avec seuls soutiens la famille et les amis devenus une banque personnalisée d’où elle peut tirer (peintures, feuilles, parcelle vide, moyen de transport pour des sorties culturelles…). «Tout le monde appréciait l’idée, mais presque personne n’était disposé à aider; j’ai tout de même décidé que l’espace devrait continuer, même avec un crayon et une feuille. Ça c’était une expérience et c’est comme ça qu’il faut construire un projet, plus tard viendrait le moment de convaincre les gens ». Jussie a aussi rajouté de l’argent grâce à ses expositions ou celles de ses collaborateurs. C’est ainsi qu’est né « l’Espace Nsan’art », en été 2007 malgré la réaction négative de beaucoup de parents, qui voyaient en l’association une perte de temps pour leurs enfants.
« L’espace Nsan’art » n’a pas mis trop de temps pour gagner une bonne réputation. Quelques semaines après le début des ateliers, l’Espace obtient différents prix lors d’un concours, ce que les parents apprécièrent et ils commencèrent à faire confiance à l’association. Ainsi les mois d’août et septembre finissent avec plus de 30 enfants entre 6 et 18 ans qui viennent trois fois par semaine au centre pour lire, écouter de la musique, jouer, peindre, réaliser des sorties artistiques et surtout développer la pensée créative. Petit à petit, le rêve devient réalité.
En parlant de son projet, Jussie n’est plus la même personne qui une heure auparavant me saluait d’une petite voix. Quand elle défend ce qu’elle croit, elle devient plus grande; elle réalise qu’elle est un point de référence pour beaucoup de personnes qui désirent découvrir un univers magique, une nouvelle façon de s’exprimer. « C’est très dur, parfois je suis épuisée, mais je ne peux pas m’arrêter. J’arrêterais le jour où j’aurai les deux centres prêts, avec des enfants capables de me remplacer et de perpétuer l’œuvre ».

Rédigé le Mercredi 26 Juin 2013 à 18:04 | Lu 348 fois | 0 commentaire(s)






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