Chanteur engagé
Militant et poète, Pierre Akendengué est alors catalogué "chanteur engagé", image dont il cherchera longtemps à se dégager.
Deux autres albums viennent clore cette période "politique" traversée par différentes thématiques telles que l'appel à l'unité africaine ou les maux et les espoirs du continent africain.
A partir de 1978, Pierre Akendengué accorde de plus en plus de place à l'instrumental, et crée son propre label Ntche (le pays) pour promouvoir les jeunes artistes africains. Sous ce label, il édite trois disques, mais en 1982, faute de moyens financiers, il arrête l'expérience.
En septembre de la même année, le chanteur gabonais signe chez CBS. Et c'est en avril 83, la sortie de l'album "Mando" produit par Hugues de Courson. Sur ce disque, auquel participe une trentaine de musiciens, on ne trouve que des chansons en myené. Le résultat est somptueux. La politique est toujours présente mais poétisée, symbolisée comme dans la tradition orale. Un an plus tard, Pierre Akendengué entame une série de concerts aux Pays-Bas, en Belgique et aux Antilles.
En 1985, lassé par une carrière en dents de scie, éprouvé par de sévères ennuis de santé, il décide de rentrer dans son pays. Installé à Libreville, il réalise "Passé composé", une compilation reprenant ses ouvres musicales et ses chansons sur l'Afrique en mutation. En 1989, il sort l'album "Espoir à Soweto", dans lequel il exprime sa volonté de voir la fin de l'apartheid.
Désireux de participer à la vie culturelle de son pays, il accepte d'être nommé conseiller auprès du ministre gabonais de la culture, puis conseiller du président Omar Bongo.
Lambarena
Après "Silence" sorti en 1991, Pierre Akendengue est à l'initiative avec Hugues de Courson du magistral album "Lambarena", auquel il participe largement. Pour cette rencontre inédite entre les cantates de Jean-Sébastien Bach et les chants de la forêt équatoriale, il s'entoure de 250 de ses concitoyens pour les chants et d'une cinquantaine de musiciens classiques français. Ce projet ambitieux, où l'émotion déborde, permet de démontrer que le sens du Sacré s'exprime d'un continent et d'une époque à l'autre, et que les rencontres peuvent s'opérer entre cultures différentes.
A mi-chemin entre jeunesse et sagesse, le musicien poursuit son analyse sociale à travers "Maladité", dernier opus de l'artiste, sorti en 96. Il reste toujours à l'écoute des souffrances de son continent comme le souligne le titre qui contracte les mots "maladie" et "alité".
Passionné par les rencontres, Akendengué effectue pendant un mois une tournée africaine avec le sénégalais Ismaël Lô. Leur association avait débuté dès décembre 95 lors du festival Africolor, qui se déroule chaque année à Saint- Denis en région parisienne.
Le 8 février 1997, Pierre Akendengue reçoit le Prix d'excellence lors des Africa Music Awards remis à Libreville. Au même moment, il sort en Afrique, un nouvel album, "Carrefour Rio".
Obakadences
Pierre Akendengué est de retour sur la scène musicale fin 2001 avec l'album "Obakadences". Très épris de son continent, il en chante à nouveau les ambiguïtés et les espoirs. Dans cet album, on retrouve le Akendengué conteur ("Confidentiel ô Très Haut"), génie de l'harmonie ("Benibeni") ou amoureux des rythmes ("Afrika Idod' Iningo"). Plus souvent chez lui qu'en Europe, il entame une tournée des Centres culturels français fin mars 2002 à travers sept pays d'Afrique dont le sien.
Si Pierre Akendengué poursuit ses activités de conseiller aux affaires culturelles auprès du gouvernement, il ne délaisse pas pour autant sa carrière artistique. Les conditions d'enregistrement étant relativement difficile au Gabon, il faut attendre quelques temps avant que ne sorte un nouvel album. "Ekunda-Sah !" est mis sur le marché (français) en mars 2005. Toujours militant, Akendengué développe des thèmes humanistes comme dans le titre "La pauvreté" ou "la Colombe". Le premier simple issu de l'album s'intitule "Embarras".
Très attaché au panafricanisme, Pierre Akendengué reste un auteur, compositeur et interprète humaniste de renommée internationale.
Source
RFI