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Patrick BIKOUMOU

Wa Bakala ? pour les intimes

Je suis né en France, de mère française, je suis originaire du Congo Brazzaville par mon père.
J’ai grandi au royaume… du Congo et fais parti de cette terre. Ma personnalité s’est construite à travers l’héritage du patrimoine ancestral de mon père. Mais c’est bien plus tard que j’ai compris toute cette richesse culturelle :


Patrick Bikoumou
Patrick Bikoumou
« On pense toujours que l’herbe est plus verte chez les autres. Il faut partir de chez soi pour se rendre compte que chez soi c’est quand même mieux que partout ailleurs, quelque soit la beauté, la qualité de vie que tu peux trouver ailleurs, ça ne peut pas remplacer l’endroit où tu as grandi, tes racines sont essentielles pour ton bien être. C’est la raison pour laquelle je suis toujours revenu. »

J’ai toujours voyagé, de retour dans mon pays après un périple lointain, j’ai finalement décidé de poser mes valises: « j’ai constaté que Pointe-Noire n’avait pas de lieu permettant un dépaysement par rapport à notre environnement immédiat. C’est ainsi que l’idée m’est venue de construire quelque chose de naturel en bois, en paille, et faire découvrir à mes frères congolais que l’ont pouvaient avec des matériaux naturels de chez nous construire des choses originales. Et aussi prouver que l’on peut croire en ses rêves et réaliser des choses »

Patrick BIKOUMOU
Ça n’a pas été simple et il m’a fallu faire comprendre aux autorités locale de l’époque que en tant que fils de ce pays, que mon projet était bon, bien dessiné, bien aménager. Ce que je voulait avant tout c’était d’apporter ma contribution, une vision originale à la construction du Congo emmener mon savoir faire à Pointe-Noire. : « Je souhaitais mettre mon petit coup de pinceau et donner une petite couleur personnelle à cette coquette ville. »

J’ en rêvais depuis longtemps, pouvoir revenir chez moi et mener mon projet à bon terme, un projet innovant, un bar-restaurant sur la plage où il j’ai grandi, être parvenu à une ascension structurée grâce à ma détermination, mon travail et ma ténacité, d’avoir rencontré ma femme, avoir eu mes enfants, être parvenu à cet équilibre social et familiale, voilà ce qui fait ma réussite !
La Pyramide ne laisse personne insensible, depuis quinze ans tous ceux qui y passent fond le même commentaire : « ah, j’ai réussi à m’évader, en venant chez toi, j’ai laissé mes problèmes dehors dès que je me suis garé, franchement c’est bien ce que tu as fait, ce petit coin nous fait tous un petit peu voyager ». C’était quelque part mon but inavoué, que les gens se sentent bien et se libèrent totalement de leurs soucis le temps d’une pause à la Pyramide. Et qu’ils partent en se disant : « j’ai passé un excellent moment chez toi à la Pyramide »

Pour moi, la côte sauvage est un paradis et c’est le message que je ne cesse de faire passer à la population, que la plage doit rester propre. Faire comprendre à la population qu’il faut laisser les tortues pondre leurs œufs. Je me donne du temps pour faire passer mon message de sauvegarde de l’environnement, les congolais doivent prendre consciences des bienfaits donnés par la nature si on la protège.

Depuis 40 ans que je vis à Pointe-Noire j’en ai vu des noyades, triste réalité quand on exerce sur la plage. Étant moi même surfeur, avec d’autres amis on en a sauvés quelques uns. Le privilège d’être propriétaire d’un tel site, accordé par les autorités, me permet aussi de m’ engager dans des actions citoyennes, pour instruire et avertir les populations des dangers de la mer en mettant des panneaux de signalisation afin d’éviter qu’ils se baignent quand la mer est agitée ou quand les courants sont mortels : « Je le fais même en langue vernaculaire notamment en kikongo pour ceux qui ne savent pas lire le français, pour leur dire : « Attention ne vous baignez pas ! » et ils m’écoutent et comprennent « Ah oui, le grand a mis cela, il faut donc être prudent ! »

J’ai grandit à Brazzaville, à Bakongo à l’époque dans les années soixante, il n’y avait pas spécialement de français, je n’en fréquentais pas j’ étais le plus souvent avec les jeunes et les petits de mon quartier : « Je savais que ma mère étais française ». C’est en arrivant à Pointe-Noire, à l’âge de 9 ans quand je suis entré à l’école consulaire que j’ai été en contact avec les français. J’ai d’abord été à l’école Tchikaya avant que l’école consulaire ne se fasse à Pointe-Noire, ensuite j’ai été à l’école des Cadres à Brazzaville, puis à l’école de Dolesie, et aussi à kinkala.

Comme le disait mon père : « il faut savoir tirer le vin où il faut ». J’ai toujours essayé de prendre le meilleur des deux côtés, aussi bien du coté de mon père que du coté de ma mère parce que nul n’est parfait. Dans le milieu congolais, il est vrai qu’à une certaine époque, on me traitais toujours de « moundele » parce que pour eux, je n’étais pas tou à fait un congolais. Chez les « moundele » , on me traitais de congolais, j’ai finalement compris que j’ avait un pied à droite et un pied à gauche. C’est a l’adoléscence que j’ai pris conscience de toute la richesse qu’il y avait d’être un enfant métis. Ma double culture occidentale et africaine m’a donné une force intérieure et m’a permis de m’adapter n’importe où.

Quand on voit le Congo, c’est une jeune nation, 50 ans d’indépendance. La nouvelle génération arrive avec un nouveau savoir sans complexe d’infériorité. Leurs apports extérieurs ne peuvent que servir et contribuer à la construction de ce pays. Cette nation va un jour obligatoirement resplendir. J’ y crois fortement : « Je suis au congo parce que je pensais que j’avais plus à apporter pour mon pays qu’en France. J’ai beaucoup d’amis d’enfance, issu de couple mixte qui ont préféré partir en France. Mon choix n’était pas la France, si je devais m’épanouir c’était ici au pays. Et mon vœux est que mes fils reviennent dans le pays de leur père et grand-père et à leur tour puissent un jour participé activement au développement de notre pays. »

Mon seul regret, que mon père n’est pu voir l’aboutissement de ma vie, un chagrin. Il n’a pas vu mon aménagement, ma réussite sociale et familiale, ma femme, mes enfants. Je reste persuadé que l’esprit de mon père est avec moi autour de moi, qu’il a forgé en moi l’envie de réussir ma vie à tous niveaux, il est en moi, à coté de moi, me pousse et me protège tous les jours de ma vie.

« On est tous issus d’une bataille de spermatozoïde. Et donc, si nous sommes resté dans la course, c’est que quelque part, nous avons une mission ». Maintenant il faut comprendre, il faut chercher à comprendre, il faut chercher le pourquoi, quel est le but à atteindre, qu’est ce que l’on doit faire pour y arriver . « Je pense que nous avons tous un don, qu’il faut le trouver. J’y crois, on possède tous une aptitude singulière qui nous permet de traverser des épreuves, de la naissance à la mort, c’est un examen de passage pour traverser les étapes de l’existence. » La vie est trop belle pour que cela s’arrête comme çà. « Quand je dis la vie, c'est-à-dire toute l’aventure humaine, le bon comme le mauvais. Il n’y a pas de hasard, on est les seuls êtres humains sur cette planète terre, le reste n’est qu’animal ou végétal ». Le pouvoir de la parole, de penser, nous a été donné pour chercher au fond de nous la réponse. A nous de la trouver, à nous de la comprendre. Néanmoins, je sais qu’il ya des personnes sans espérance, ce qui n’est pas mon cas, je crois que l’on façonne sa propre destinée.
La musique transporte des messages, ses messages peuvent atténuer les blessures, permettre d’être ouvert, changer les habitudes, La musique n’adoucit-elle pas les mœurs ? Les chansons que je chante ne sont pas engagées, du moins j’interprète Tiken Jah Fakoly, ses textes sont quelques peu engagés, certes alarmant sur notre Afrique, mais c’est pour mieux faire comprendre à l’humanité d’ouvrir qu’il est temps d’ouvrir les yeux , de changer en profondeur notre vision de nous-mêmes africains afin de participer à l’équilibre du monde en général et en Afrique en particulier .

La mer est mon équilibre, c’est pour cela que j’ai choisi de m’installer devant elle. Je crois que si je n’avais pas réalisé mon projet, je ne serai pas resté ici. Je serai parti le faire ailleurs. C’est ce que j’ai expliqué aux autorités de l’époque lorsqu’ils compliquaient la mise en route de mon projet. Parce que chez nous rien n’est simple, dès que tu veux faire quelque chose, c’est la croix et la bannière. Certains y croyaient, l’on soutenu, d’autres le voyait d’un mauvais œil. Je leur exprimais ma déception, que si je ne pouvais pas accomplir dans mon pays, pays qui nous appartient, celui de mon père, alors je n’avais plus rien à faire ici. J’ai un caractère bien trempé je ne me laisse pas dérouter facilement, j’ai mes convictions et rien n’aurait pu me faire changer d’avis. Mais bon, c’était sans compter sur les anges de Jah qui veillent sur moi et prouver aux autres que le bien l’emporte toujours sur le mal et depuis toujours. Quand tu crois à ce que tu fais, que ta cause est juste, alors tu parviens à ce que tu veux, il faut croire !


par Wilfrid MASSAMBA
Rédigé le Dimanche 5 Septembre 2010 à 13:50 | Lu 1776 fois | 0 commentaire(s)






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