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Pablo Milanés

Chanteur révolutionnaire mais pas fanatique

Le concert donné à Miami par Pablo Milanés a vu castristes et anticastristes se déchaîner contre le chanteur.


Pablo Milanès
Pablo Milanès
Le chanteur Pablo Milanés ne laisse sans doute indifférent aucun Cubain. Le concert qu'il a donné à Miami – où il ne s'était jamais produit – le 27 août dernier était, selon le site cubain Cafefuerte (basé à Miami), assurément émouvant : "Ce fut une heure et trente-cinq minutes de communication entre les deux rives, comme s'il n'y en avait qu'une." Mais il a aussi déclenché une polémique qui n'en finit plus. Avant et après le concert, les fanatiques des deux bords – castristes et anticastristes – se sont déchaînés. Les uns pour critiquer la présence du "troubadour de la révolution" dans un bastion des exilés cubains et tenter sans succès d'annuler le concert en allant jusqu'à détruire ses disques en public. Les autres pour vilipender un traître qui accepte désormais de parler "aux médias impérialistes".

Le chanteur, "un des intellectuels qui critique avec le plus de lucidité le gouvernement de son pays" selon El País, a publié une lettre ouverte adressée à un journaliste castriste de Miami qui a fait rebondir la polémique. "Mes cinquante-trois ans de militantisme révolutionnaire me donnent le droit, peu exercé à Cuba, de me manifester avec la liberté que requièrent mes principes et cette liberté m'interdit tout compromis avec les dirigeants cubains que j'ai admirés et respectés mais qui ne sont pas des dieux, et dont je ne suis pas un fanatique", écrit-il. "Tu insinues que la presse de Miami profite et utilise mes paroles (...). Tu te trompes. C'est moi qui me sers de ces journaux pour qu'ils diffusent des entretiens qu'on me refuse à Cuba et dont je rêve qu'ils paraissent dans Granma [le journal officiel cubain] afin que le peuple les lise", ajoute-t-il.

Peu avant le concert, la blogueuse cubaine dissidente Yoani Sánchez avait pris la défense de l'icône musicale cubaine : "Même les critiques les plus virulents ne devraient pas oublier que sa vie a été, comme celle de tant de Cubains, une suite de coups subis à cause de l'intolérance : la réclusion dans un camp de travail, les malentendus aux débuts de la Nueva Trova [le courant musical "révolutionnaire" dont Milanés est l'icône] et la fermeture de la fondation qui portait son nom. Ils doivent aussi reconnaître que Pablo Milanés a eu le courage de refuser de signer la lettre dans laquelle de nombreux intellectuels et artistes avaient approuvé les mesures répressives prises par le gouvernement en 2003, parmi lesquelles l'exécution de trois jeunes qui avaient piraté une embarcation pour émigrer. Pablo, le gros Pablo qu'on entendait dès qu'on allumait le poste, dans les années 1980, a évolué, comme beaucoup d'entre nous. Il fait entendre ses désaccords depuis plusieurs années et son visage n'apparaît plus dans les manifestations très politisées par lesquelles les autorités essaient de démontrer que 'les artistes sont du côté de la révolution'. Je pense aussi qu'il aimerait partager une scène à La Havane avec ces voix exilées que l'on n'autorise toujours pas à se présenter dans leur propre pays."

Anne Proenza / courrierinternational.com
Rédigé le Vendredi 2 Septembre 2011 à 19:01 | Lu 748 fois | 0 commentaire(s)






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