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ODYSEE

Le voyage musical de Passi!

Passi, le rappeur prolifique né à Brazzaville (au Congo), il y a 32 ans ne fini pas de faire parler de lui. L’enfant terrible du Rap français, figure de proue du Ministère A.M.E.R (Action Musicale Et Rap) revient dans les bacs avec son troisième album, Odyssée.
L’occasion pour BlackMap de voyager dans l’univers musical de Passi. Interview !


Passi
Passi
Pourquoi avoir appelé ce nouvel album Odyssée ?
Cet album s’inscrit dans la trilogie que j’ai commencée avec mes albums précédents, Les Tentations, Genèse, et maintenant Odyssée. Dans Les tentations, j’ai développé "le bien et le mal du genre humain", dans Genèse, "la création de la planète, l'évolution des hommes" et avec Odyssée, je repars plus loin vers le Big-bang et je voyage dans différents univers musicaux.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Tout m’inspire, la société, la vie, les femmes. J’ai mis deux ans à écrire cet album et je voulais traiter de sujets différents pour me renouveler. Je me suis amusé en écriture, j’ai joué sur les syllabes dans la chanson L’ABCD’R, j'ai écrit sur des sujets légers comme Du Soleil, des chansons militantes comme Annuler la dette ou Le cri silencieux mais aussi d’amour comme Reviens dans ma vie.

Comment se sont produites les rencontres artistiques de l’album ?
J'ai collaboré avec des artistes d'horizon différentes et des amis de toujours comme Stomy avec qui j'ai repris Ancien Combattant, la chanson de Zao. Cette chanson était un tube et la reprendre c’est une façon de dénoncer la guerre qui est un sujet d’actualité. Je chante aussi avec Jacob Desvarieux et Lorenzo Rafael (un artiste d'Issap production mon label) dans Reviens dans ma vie, Roy Robbie, l’ancien chanteur des Platters, intervient dans Exercice pour un voyage autour de sonorités blues.

Avec quels autres artistes aimerais-tu collaborer ?
Je viens d’écrire Face à la mer, une chanson pour Calogero. Elle sera sur son album qui est sorti aussi au mois de mars. C’est un gars tranquille, passionné, talentueux et un chanteur à texte.

Quel regard portes-tu sur l’industrie musicale ?
L’industrie musicale va mal. Il y a le problème des téléchargements de la musique sur Internet. Je pense qu’il faudrait instaurer un système du genre « un morceau, un euro ». A l’heure du numérique, des logiciels comme ProTools permettent de se passer d’enregistrer dans un grand studio ce qui fait que beaucoup de studios connaissent des crises car chacun peut composer chez lui.
Il y a aussi toutes ces émissions de télé réalités : quand on voit des personnes qui ne savent pas chanter, être numéro un des ventes ça fait mal à celles qui chantent depuis dix ou vingt ans. Un artiste c’est avant tout, une personne, un talent et pas seulement du marketing. Ces émissions sont un système mis en place pour vendre des disques mais elles coulent les autres artistes. Aujourd’hui on est dans une politique de supermarché où les produits existent pour une durée de vie de six mois.

Tu as fait tes premiers pas en tant qu’acteur, comment vis-tu cette nouvelle expérience ?b
Faire du cinéma, c’est pour moi une suite logique. Je sais ce que c’est que d’être derrière un micro et je veux arriver à avoir la même maîtrise avec une camera. J’ai accepté un rôle dans No Way le dernier film d’Owell Brown. J’y joue le rôle d’un homme qui sort de prison et qui doit affronter la vie extérieure. Je me laisse diriger pour mieux apprendre. Je souhaite faire de la réalisation plus tard. C’est une expérience que j’ai renouvelée puisque j’ai aussi tourné dans Inspecteur Sori, le film de Mamadi Sidibé avec Eriq Ebouaney (ndlr : qui a joué le rôle de Patrice Lumumba dans le film de Raoul Peck) et dans Les Kubrick de Guy Jacques qui racontent l’histoire de jeunes qui veulent faire du cinéma.

Tu es un artiste mais aussi un chef d’entreprise dirigeant d’un label, Issap Productions et d’une ligne de vêtements sportswear GABS. Peux-tu nous en parler?
J’ai crée le label Issap Productions, il y a cinq ans avec mon frère Christian et Alain un ami. Je voulais avoir la possibilité de créer en toute liberté sans avoir à demander la permission de qui que ce soit. Avoir un label c’est la liberté d’avoir un studio, de travailler et de signer avec des artistes qui me touchent, d’avancer des projets à mon rythme sans le stress du marché, donc le pouvoir de gérer son temps et son budget.
GABS, est une ligne de vêtements streetwear. C’est un autre métier qui complète celui du rap. Je l’avais un peu laissé de côté car j’étais sponsorisé par Reebok mais ce sponsoring est terminé et on réfléchit au repositionnement de GABS pour en faire une ligne de produits plus haut de gamme.

Te considères-tu comme un business man chanceux ?
Oui et non. J’ai eu de la chance avec des albums comme Bisso na Bisso, Dis l’Heure 2 Zouk, Dis l’Heure 2 Rimes. Je n’ai pas pris beaucoup de risque car ce sont des musiques pour lesquelles j’avais une sensibilité, c’est un milieu que je fréquente et dont je suis issu. Mais c’était des risques par rapport à l’industrie musicale.
Mais j'ai produit le groupe Bido Bew Bess, malheureusement, il n’a pas rencontré son public en France.

Quel accueil espères-tu de la part du public pour l’album Odyssée?
Je veux qu’il prenne le temps d’écouter et d’apprécier. Je rappe depuis des années et je mise sur le long terme avec des textes conscients, des messages que je veux faire passer et des risques que je prends tant sur le plan musical que sur le choix des collaborations. J’ai fait un album qui peut s’écouter dans plusieurs années.

Comment envisages-tu l’après Odyssée ?
On va sortir avant la fin de l’année un album avec le Ministère A.M.E.R. Avec les gars du Ministère, on ne s’est jamais séparé. De 1994 à 2004 on a été productif : on a sorti des albums, on a fait des bébés, on a crée le Secteur ä, on a fait du cinéma et c’est toutes ces expériences qu’on va mettre dans ce nouvel album. Il va avoir le cachet du Ministère, ça sera un album "sale". On va remettre des choses aux points.
J’ai d’autres projets comme la sortie du nouvel album des Bisso Na Bisso et la mise en place pour cet été d'une tournée humanitaire en Afrique afin de promouvoir la lutte contre le sida.

Propos recueillis par Lydie Omanga / Blackmap.com
Rédigé le Samedi 10 Avril 2004 à 00:00 | Lu 4055 fois | 1 commentaire(s)





1.Posté par free man w.s le 11/05/2007 21:33 | Alerter
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