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Melting-pot sur grand écran

Le Festival des films de la diaspora de New York donne chaque année la parole aux réalisateurs du Sud. L’édition 2002 a dû composer avec les problèmes de visas.


Melting-pot sur grand écran
Célébré chaque année depuis 1993 aux États-Unis, le Festival des films de la diaspora africaine (The New York African Diaspora Film Festival) offre une large audience aux œuvres des cinéastes africains, caribéens, américains et océaniens. Dans cette ville emblématique de l’immigration qu’est New York, une soixantaine de films et documentaires se sont succédé à l’écran, du 29 novembre au 15 décembre 2002, en un étonnant melting-pot culturel. Comme souvent, le thème dominant chez les réalisateurs d’Afrique noire était l’immigration. Paris, Milan, Montréal et New York : ceux qui ont réussi à s’y rendre peinent entre clandestinité et boulots précaires. Quant à ceux qui sont restés au pays, ils vivent dans l’espoir d’y aller un jour. Cette thématique des migrations a été illustrée par la rediffusion d’un grand classique, Waalo Fendo , réalisé en 1997 par l’Algérien Mohammed Soudani. Tourné en Italie, ce film est un témoignage poignant sur les difficultés rencontrées par les travailleurs sénégalais dans « [ce] pays où la terre gèle » (traduction littérale du peul waalo fendo). Reste qu’aujourd’hui, aux yeux de beaucoup d’Africains, l’Amérique est devenue la terre promise. Les Sénégalais, largement implantés à New York, essaient d’y réaliser eux aussi le rêve américain. I Have a Dream, fondé sur une idée originale de la cinéaste ghanéenne Matiki Anoff, raconte ainsi l’histoire de milliers d’entre eux et révèle sur un mode comique la difficile réalité que ces immigrés affrontent au quotidien. Pour clore sur une belle note d’espoir.
Comme à l’accoutumée, l’un des points forts de ce festival a été l’attention particulière accordée aux femmes cinéastes. Chaque année, le Prix de la meilleure réalisatrice récompense l’une d’entre elles. « C’est un effort voulu de notre part pour encourager et aider les femmes qui, malheureusement, sont encore trop marginalisées dans cette profession », explique Diarah N’Daw Spech, cofondatrice du Festival avec son époux Reinaldo. La lauréate reçoit un prix de 1 000 dollars – une somme certes modeste, mais qui n’est pas négligeable pour les ressortissantes de certains pays où les financements n’abondent pas. En 2001, le prix avait été remporté par la Brésilienne Tania Cypriano, pour son documentaire sur le sida, Odo Ya !. Cette année, la victoire n’a été une surprise pour personne. Yamina Bachir-Chouikh, déjà remarquée à Cannes dans la catégorie « Un certain regard », a conquis le public new-yorkais avec son film Rachida, sorti en France le 8 janvier dernier. « C’est l’audience qui vote », précise Reinaldo Barroso-Spech, satisfait que la réalisatrice algérienne soit récompensée pour ce film « courageux », qui dénonce le terrorisme qui a ravagé son pays. En compétition avec Yamina Bachir-Chouikh se trouvaient une quinzaine d’autres réalisatrices (sur la trentaine sélectionnées pour le festival) des États-Unis, d’Haïti, du Tchad, de Cuba, et d’Australie.

Ce dernier pays avait de fait une place de choix au Festival. « La couleur de peau constitue un élément distinctif commun qui justifie le rapprochement avec les diasporas africaines », observe Reinaldo Barroso-Spech. Une couleur de peau qui, en Australie comme dans le reste du monde, a été le prétexte à des siècles d’oppression et de discrimination. Dépossédés de leurs terres par les colons blancs, les aborigènes ont longtemps été mis à l’écart de la société australienne. One Night the Moon, drame musical de Rachel Perkins, traite précisément de ce thème. Déjà révélé au Festival américain du film indépendant de Sundance, en 2002, le film a particulièrement ému le public. La sélection pour l’Afrique sub-saharienne comportait des satires sociales comme La Petite Vendeuse de soleil de Djibril Diop Mambety, ou Almodou d’Amadou Thior. Tous deux furent présentés dans le cadre d’une soirée thématique sur le Sénégal. Le drame rwandais était aussi au centre des débats avec 100 Days, un film de Nick Hugues, et Shooting in Rwanda, un documentaire de Christopher Aylward, consacrés au génocide. Enfin, l’Amérique latine, dont on méconnaît souvent l’héritage africain, était également à l’affiche. Avec des productions du Brésil, de l’Uruguay, du Mexique et du Venezuela. Attendue pour présenter une rétrospective de ses œuvres, la réalisatrice afro-cubaine Gloria Rolando n’a pas obtenu de visa pour les États-Unis et a dû annuler son voyage. Depuis le 11 septembre, Cuba est en effet sur la liste des pays représentant un danger potentiel pour l’Amérique, et par conséquent soumis à un contrôle drastique en matière de visas. « Il est déplorable que des artistes qui s’efforcent de changer les choses par leur travail soient traités comme d’éventuels terroristes », déclarait Diarah N’Daw Spech avant la projection des films de Gloria Rolando.

L’absence de Yamina Bachir serait due au même problème. Explication du couple Spech : « Les démarches à entreprendre sont si fastidieuses et les délais tellement longs que cela devient dans certains cas une mission impossible. »

Malgré ces regrettables absences, le Festival a réussi le difficile pari de rassembler les œuvres de cinéastes de plus de quarante pays, avec des thèmes communs et des différences profondes, dont beaucoup apportent un regard utile et neuf sur le monde.


Marième O.Daff
Rédigé le Lundi 20 Janvier 2003 à 00:00 | Lu 1258 fois | 1 commentaire(s)





1.Posté par terbah stephanie le 25/04/2007 12:22 | Alerter
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Bonjour marieme

Comment vas-tu
Pouvons-nous correspondre par mail.
peut etre a bientot

bye

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