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Meiji U’Tum Si

Comédienne originaire de Brazzaville

Meiji U’Tum Si, comédienne originaire de Brazzaville (au Congo) se taille une place de choix dans le paysage audiovisuel et cinématographique français. Cette jeune comédienne d’à peine trente ans, s’est illustrée sur le grand écran dans le rôle de Diamantine, la jeune fille timide et farouche du Conte du Vente Plein, le film de Melvin Van Peebles ou encore sur les planches aux côtés de Luc Saint-Eloi dans Chemins d’école, pièce de Patrick Chamoiseau, dans laquelle, elle jouait le rôle d’un petit garçon ignoré par son maître d’école parce qu’il avait le teint foncé. Aujourd’hui, elle élargit son champ d’action et passe derrière la caméra. Sa jeune carrière de réalisatrice, déjà très prometteuse nous réserve de belles surprises.. Rencontre avec une comédienne et une réalisatrice aux talents multiples.


Meiji U’Tum Si
Meiji U’Tum Si
On connaît vos prestations d’actrice et de comédienne. Aujourd’hui, vous passez derrière la caméra. Pourquoi ?
Depuis longtemps, je voulais passer de l’autre côté de la caméra. J’ai beaucoup de projet mais je préfère commencer par des courts métrages.

Pouvez–vous nous parler de vos réalisations ?
Je viens de terminer la réalisation de mon deuxième court métrage, Déjà Loué. C’est une comédie légèrement dramatique dans laquelle j’aborde un sujet délicat, celui de la discrimination raciale sur plusieurs niveaux de lecture. C’est une comédie car avec humour je me moque des préjugés et je dis qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Avant celui là, j’avais réalisé mon premier court métrage, La Dictée.

D’ailleurs, vous avez reçu plusieurs prix pour ce premier court-métrage. Qu’est-ce que cela représente pour la jeune réalisatrice que vous êtes ?
Réaliser La Dictée m’a mis le pied à l’étrier et j’ai beaucoup appris. J’ai reçu pour La Dictée, le prix Beaumarchais qui est le prix qui récompense les 5 meilleurs scénarii de courts métrages en France, soit la somme de 1500 euros et la location gratuite d’une salle de projection. Le directeur du prix Beaumarchais, Paul Tabet m’a beaucoup encouragée et me suit en tant que jeune cinéaste. La fondation Beaumarchais me crédibilise en tant que jeune réalisatrice.
J’ai reçu aussi le FICA d’or (le grand prix du jury du Festival International du court métrage d’Abidjan) et un prix de 1500 euros, ce qui m’a aidé à commencer à préparer Déjà Loué. Voir l’Afrique valider mon travail m’a encouragée d’autant que j’y aie fait des rencontres formidables notamment Alexandre Ogou, un comédien et réalisateur, devenu mon bras droit. C’est lui qui a cadré et monté mon second court métrage.

Justement en parlant de Déjà Loué, comment avez-vous travaillé sur ce dernier court métrage ?
Mon précédent court métrage, La Dictée était sérieux. Je voulais une comédie, faire rire. Avant de me mettre devant l’ordinateur pour écrire un scénario, j’écris dans ma tête quand je suis dans le bus, dans le métro et je mets en place la colonne vertébrale de l’histoire. Quand j’ai écrit le scénario de Déjà Loué, je pensais à des proverbes « Tel est pris qui croyait prendre » ou « l’arroseur arrosé ». Le plus difficile n’est pas de trouver un sujet car des sujets j’en ai beaucoup et certains sont déjà écrits. Le plus dur, c’est d’avoir le déclic de commencer à concrétiser le projet, de passer de l’écrit à la réalisation. Comme je porte plusieurs casquettes dans mes projets, je suis scénariste, réalisatrice, responsable du casting, c’est parfois difficile de se mettre dans cette phase de concrétisation.

Qu’est-ce qui est le plus difficiles dans la réalisation ?
J’ai la chance inouïe, d’être très bien entourée, j’ai des amis techniciens, photographes, acteurs, qui m’apportent leur aide. C’est grâce à mes amis techniciens qui ont travaillé gracieusement pour le montage que je fais des économies sur le budget. Ce qui a coûté cher c’est la location du matériel, des lumières. Si on veut présenter un projet professionnel, il faut travailler avec du matériel de professionnels et ça coûte cher. Pour Déjà Loué, j’ai filmé avec un appareil numérique, et c’est formidable. Le numérique permet de faire avancer des projets à moins de 45 000 euros, des projets très abordables. C’est la post production qui revient plus cher que le film (le montage, le prêt à diffuser, etc.)

Pour pouvoir être opérationnel, comme vous l’êtes, avez-vous suivi une formation particulière ?
J’ai fait une école d’art dramatique, l’école Florent que tout monde appelle les Cours Florent. J’ai été en fac, à la Sorbonne mais j’y allais en touriste car je faisais parti d’une troupe de théâtre et je jouais régulièrement. Je suis arrivée au cinéma en 1999, grâce à ma rencontre avec le réalisateur américain Melvin Van Peebles. J’ai joué dans son film, Le conte du Ventre Plein que nous avons présenté en mai 2000 au Festival de Cannes.
La même année, j’ai rencontré Daniel Vigne, le réalisateur, entre autres, de Fatou la malienne et de Fatou l’espoir, en tournant la Kiné un feuilleton télévisé pour France 2 et TV5 où je tenais le rôle de Rose la fille de Firmine Richard. Ensuite, j’ai enchaîné des rôles à droite et à gauche. J’ai assisté Daniel Vigne dans les projets de Fatou en tant que directrice de casting et assistante de réalisation sur le film L’enfant des Lumières. Et depuis toutes ces expériences, je porte plusieurs casquettes.

Et Meiji la comédienne, l’actrice. Quand la reverrons-nous ?
Très bientôt. J’ai un projet de long métrage en préparation mais j’en parlerai au bon moment. Et pour mon prochain film, je me réserve un rôle.

En tant qu’actrice noire travaillant en France, quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
C’est très dur de vivre de ce métier et de son art quand on est une comédienne africaine. C’est une grande guerre où chaque bataille compte. Mais, je reste optimiste et positive. Il faut garder les yeux grands ouverts, et rester lucide. Il faut se battre et s’accrocher. J’ai ma propre vision des choses. Mes parents appréhendaient le fait que j’embrasse cette carrière en me disant que je n’aurai que des rôles de bonne ou de fille de joie. C’était il y a dix ans. A cette époque, on ne voyait la femme noire que sous ces aspects ou à des rôles dévalorisants. J’étais lucide mais j’y croyais en même temps, je me disais que si on ne me propose rien d’intéressant, j’écrirai mes propres rôles. Dix ans après, les choses n’ont pas vraiment changé même s’il y a de l’espoir. Quand je vois que maintenant il existe un feuilleton comme Léa Parker, je me dis que ça commence à changer et à bouger. Cependant il faut travailler à tous les niveaux et se remettre en question pour se renouveler et avancer.

Quels sont vos rapports avec les autres actrices noires? Et, avez-vous des comédiens qui sont à vos yeux des modèles ?
Je connais beaucoup de monde mais j’ai très peu d’amis dans ce milieu. Quand j’ai la possibilité d’aller voir le travail d’une autre actrice ou d’une comédienne, j’y vais avec beaucoup de plaisir.
Je n’ai pas de modèles. Il y a tellement de grands artistes qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer pleinement. Et de très bons acteurs, ce qui fait que ce ne sont pas les prestations qui me bouleversent mais les parcours et les personnalités qui me touchent.

Quels sont vos films préférés ou fétiches?
Je n’ai pas un mais plusieurs films car j’aime les vieux films, les nouveaux, les films en noir et blanc, les péplums, les comédies musicales. Quand je regarde un film, je le regarde avec un regard d’apprentis et je suis attentive à tout, aux dialogues, à la manière dont la caméra filme, aux plans. J’aime particulièrement l’univers de Spike Lee, de Tanrantino dont j’apprécie les mises en scène et sa manière de raconter une histoire, son esthétisme.

Quel genre de musique écoutez-vous ?
J’écoute aussi de tout, du classique, de la techno pour le dynamisme, la fraîcheur. J’ai toutefois un morceau culte, le Boléro de Ravel parce que si j’arrive à faire de ma vie la copie conforme de cette mélodie, j’aurai réussi. Au début de ce morceau, la musique est presque inaudible et lente et plus on progresse dans l’écoute plus le son augmente pour arriver à l’explosion, à l’apothéose. Pour moi, cette musique est comme une illustration musicale d’une carrière réussie, on gravit les marches, lentement mais sûrement, on progresse crescendo.

Quelles sont vos lectures ?
Je ne suis pas trop romans policiers mais je suis passionnée par les livres de psychologie, ceux dans lesquelles on analyse les comportements humains. Ces livres m’aident à explorer les personnages. J’aime aussi les biographies, la dernière que j’ai lue est celle de Quincy Jones qui a trouvé la force de devenir l’artiste que l’on connaît parce que sa mère était folle et qu’il voulait fuir cet univers en se réfugiant dans la musique.

Parlons maintenant de mode et de beauté. Etes-vous une « modeuse » et une « coquette » ?
Je ne suis pas trop la mode, je fonctionne au coup de cœur. Je fais la différence entre les moments où je suis en représentation et dans ce cas j’aime m’habiller, je suis très robe de soirée, robes de princesse. A ce sujet, j’ai été comblée lors de la montée des marches au Festival de Cannes en 2000 car je portais une robe du couturier africain Alphadi. Quand je suis dans mon quotidien, comme je suis souvent en déplacement, je porte un jean ou des tenues sportswears.
A part cela, j’adore les parfums mais je ne me maquille pas trop ou légèrement car j’évite le côté pot de peinture. Je préfère être naturelle et j’utilise les produits Black’Up car j’y trouve les couleurs qui me correspondent à ma carnation.

Quels sont vos projets ?
Je viens d’achever ma première expérience dans le travail d’un documentaire qui traite de la catastrophe du Djola (le naufrage du Djola qui a eu lieu en septembre 2002 au Sénégal). Ce documentaire s’est tourné en Casamance. J’étais assistante à la réalisation aux côtés de Ndeye-Thiam Daquo, une réalisatrice sénégalaise. J’ai passé trois semaines à interviewer des personnes qui ont perdues des membres de leurs familles dans cette catastrophe et quand on sort d’un projet comme celui là, on se rend compte que la vie est éphémère et de la chance que l’on a. Ce documentaire est actuellement en postproduction. En ce qui concerne Déjà Loué, je vais le présenter à des festivals, le vendre à la télévision (Arte, France 3, canal +, TV5).



Propos recueillis par Lydie Omanga / Blackmap.com
Rédigé le Jeudi 26 Août 2004 à 00:00 | Lu 3602 fois | 0 commentaire(s)





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