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MAKANI

UN PEINTRE QUI MONTE…

Guillaume Makani est un homme discret. Déterminé à aider les autres et à réaliser ses rêves, il suit son chemin. Il qualifie sa peinture de classique mais adore Salvador Dali. Il peint le monde tel qu’il le voit, puise son inspiration dans les gens, la foule et ne se décourage pas un jour d’ouvrir son école. Découverte d’un peintre doué de sa génération.


Guillaume MAKANI
Guillaume MAKANI
Guillaume, tu as 37 ans ; parle nous un peu de ton parcours ?
Je suis né le 27 Novembre 1972 à Pointe Noire. Mes parents sont originaires du Pool mais j’ai grandi à Pointe Noire. Je suis issu d’une famille de 7 garçons. A l’école primaire, j’avais certaines aptitudes pour le dessin alors un de mes frères m’a poussé et encouragé à faire des études artistiques. Il m’a offert la possibilité de faire l’école des beaux arts de Pointe Noire entre 1990 et 1993.

Après l’école, que se passe-t-il pour toi ?
A l’obtention de mon diplôme, l’école a fermé. Les professeurs venant de Kinshasa sont repartis en RDC. Je me suis alors lancé dans la publicité et j’ai travaillé deux ans dans une agence. Mais l’envie de peindre ne m’a jamais quitté et a été plus forte alors j’ai tout arrêté et j’ai décidé de me lancer. Je me suis installé à la grande poste.

« Certains y arrivaient alors pourquoi pas moi ! ».
Un professeur de l’école française, Daniel Vignal, s’est intéressé à mon travail. Il m’a aidé et appuyé auprès du Centre Culturel Français de Pointe Noire et c’est ainsi que j’ai pu faire ma première exposition en 1998. Monsieur Pujol m’a aussi beaucoup soutenu auprès du CCF et auréolé de mon succès, j’ai ensuite exposé au CCF de Brazzaville.

Quel est le moment le plus important dans ta vie de peintre ?
L’année 2002 a été une année très riche pour moi. Il y a d’abord eu l’exposition nationale à l’hôtel Mbou voumvou qui m’a permise de faire connaître ma peinture. Il est important que l’état organise de plus en plus souvent d’évènements de ce genre afin de permettre aux artistes de présenter leurs oeuvres.
Ensuite, j’ai réalisé une fresque de 17 m2 sur le transport des esclaves pour l’état congolais dans le cadre du projet touristique de Tchivélika.
Je pense qu’en tant qu’artistes, nous devons contribuer à l’éducation des générations actuelles afin de leur faire prendre conscience de leur histoire et de leur patrimoine culturel. Il était important ici de montrer l’histoire tragique lié à l’esclavage et la colonisation.

Ou puises tu ton inspiration ?
Nous sommes un peuple africain, nous vivons dans les foules. Ce qui m’inspire c’est le mouvement de la foule que ce soit dans les marchés et dans les rues. Nous sommes un peuple riche de traditions, d’US et coutumes et j’ai envie de montrer aux gens à travers mes œuvres notre identité culturelle. Je souhaite aussi à travers la peinture véhiculer des grandes valeurs morales telles que la paix, le travail, la sagesse, la dignité…Et c’est dans ce cadre que s’inscrit le projet des Petits Artistes du Congo. C’est un projet appuyé par Chevron qui m’a proposé de travailler avec les enfants de l’Association Espace Enfants plus communément appelé les enfants des rues. Cette collaboration a donné naissance à une exposition de leurs œuvres au CCF. Des actions comme celle-ci permettent de sensibiliser le public contre les maux de la société tels que le sida, le chômage, la violence, la guerre, la drogue.

Quels sont tes projets ?
A moyen terme, je travaille sur une exposition qui devrait voir le jour en 2010 à Kinshasa. Puis, je souhaiterais faire un stage en Europe mais je suis actuellement bloqué dans les démarches de visa.
A plus long terme, j’aimerais aussi monter un centre de formation ici à Pointe Noire avec les fonds récoltés avec la vente du livre « Mosaïque Congolaise ». C’est un projet que j’ai réalisé avec 2 amis français. Avec l’appui de plusieurs sociétés locales, un livre tiré en 1000 exemplaires a pu voir le jour. Je souhaite un jour pouvoir réaliser ce rêve et aider d’autres artistes.

Penses tu que les artistes ont un avenir au Congo ?
Aujourd’hui, la vie est difficile pour les artistes. Il n’existe pas de réelle politique culturelle dans ce pays. L’état organise des expositions nationales en invitant des artistes congolais pour présenter leur travail mais cela reste sporadique. Il n’existe pas d’institutions spécialisées dont le rôle serait de promouvoir les créateurs et ainsi stimuler la demande d’œuvres d’art. Cette dernière est composée essentiellement de touristes. Il n’existe pas de lieux pour exposer et il est très difficile de se procurer du bon matériel.
« J’ai eu la chance au cours de ma vie d’être appuyé par des européens ».

Sandra Bouloux
Rédigé le Mardi 22 Juin 2010 à 17:27 | Lu 1121 fois | 1 commentaire(s)






1.Posté par Lacephyse le 12/08/2010 17:02 | Alerter
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Bonjour Guillaume, je suis heureuse d'avoir de tes nouvelles par le biais de ce site et de savoir surtout que tu continue à très bien travailler. Nous avons passé de très bons moments de collaboration, du partage de la passion de la peinture à Pointe-Noire. Mes salutations à Olivier Samba, Waboulé, Aurélie Diantsayi et les autres. Merci d'avoir été là chaque fois que j'avais besoin de toi et de tes collègues. Merci encore.
Lauryathe Bikouta

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