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LES NOUVEAUX VISAGES PÂLES

Le blanchiment de la peau

Les produits éclaircissants inondent les marchés africains. Signe de beauté, ou signe de richesse, le blanchiment de peau s'avère dangereux et devient un vrai problème de santé publique. Pourquoi les femmes africaines utilisent elles ces produits? Que contiennent-ils et pourquoi sont ils dangereux pour la santé? Comment peut-on informer les jeunes gens et enrayer ce phénomène ?


La dépigmentation de la peau, dangereuse mode des femmes et hommes noirs
La dépigmentation de la peau, dangereuse mode des femmes et hommes noirs
Depuis l’âge de 16 ans, Natacha utilise des produits blanchissants. Aujourd’hui à 40 ans elle témoigne : « j’ai arrêté maintenant car j’ai vu trop de dégâts sur la peau ». Natacha a de la chance car elle s’en sort avec des taches et des vergetures sur la peau mais d’autres n’ont pas cette veine. Certaines finissent avec du diabète, de l’hypertension arterielle et parfois des cancers de la peau. Cela fait longtemps que le blanchiment de la peau existe mais cela devient un vrai fléau en Afrique et au Congo. Les femmes sont plus touchées que les hommes. Elles sont en général âgées entre 20 et 40 ans. Alors qu’est-ce qui les pousse à utiliser des produits blanchissants ? Pourquoi veulent-elles avoir la peau plus claire ?

UN TRISTE CONSTAT

À l’unanimité, les femmes « font le maquillage » c'est-à-dire se décapent la peau avec des produits blanchissants pour que leur peau soit plus belle. Mais le docteur O. va plus loin. Pour lui, c’est devenu un problème existentiel : « plus on s’élève dans la société, plus on vit comme un blanc, plus on veut devenir un blanc à 100% jusqu’à avoir la peau blanche ». Il y a une dépersonnalisation du peuple africain. En Afrique, avoir une belle peau, c’est avoir la peau plus claire. Mais cela n’est pas sans gravité sur la santé.

UN VÉRITABLE POISON
Les produits blanchissants sont très dangereux et provoquent des lésions irréversibles sur la peau. Le cas le plus fréquent est le chromose, une dépigmentation de la peau par la disparition de la mélanine (qui est le pigment naturel de la peau) ; la peau n'a plus de défense naturelle contre le soleil, des taches noires apparaissent avec un aspect rugueux qui ne disparaît pas. Cela laisse place à toutes sortes d’infections. Certaines patientes viennent voir le dermatologue pour lui demander de réparer les dégâts, mais c’est trop tard. Alors quels sont ces produits tant recherchés et que contiennent-ils ? Au banc des accusés, l’hydrocortisone, l’hydroquinone et le mercure, produits hautement toxiques et qui sont vendus sous forme de laits, crèmes et savons.

Les corticoïdes, famille dont fait partie l’hydrocortisone, a pour effet secondaire de blanchir la peau mais les gens ont tendance à oublier leurs effets systémiques qui sont le diabète, l’hypertension et qui peut aussi entraîner des tuberculoses, des ulcères, des infections de la peau…
L’hydroquinone quant à lui provoque des taches noires et des cancers de la peau et le mercure, substance que l’on retrouve dans les savons
« antiseptiques » peut entraîner des insuffisances rénales, des coliques et diarrhées, des eczémas et même des atteintes du cerveau.
De plus, ces produits provoquent une addiction c'est-à-dire que lorsque ces femmes veulent arrêter, elles ont des démangeaisons et des rougeurs ce qui fait que c’est extrêmement dur de stopper cette pratique n'oublions pas qu'une fois que vous arrêtez cette pratique, votre peau redevient inévitablement noire.

UN COMBAT À MENER
Aujourd’hui, ces produits sont interdits en France et en Europe mais complètement tolérés en Afrique. Ils sont vendus sans aucun contrôle et on peut les trouver partout : au marché, aux supermarchés et même dans les pharmacies et cela sans ordonnance. Ils viennent pour la plupart d’Afrique de l’ouest. A l’heure où les pouvoirs publics en France se mobilisent et font des vendeurs illégaux des délinquants de justice, le Congo comme beaucoup de pays d’Afrique n’en parle même pas ; il est certain que l’Afrique a d’autres fléaux à combattre comme le sida ou le paludisme, mais quel exemple pour
les jeunes ?
Le blanchiment de la peau est un vrai problème de santé publique car à en croire le docteur O., plus de 70% des femmes ont ou utilisent des produits blanchissants dans ce pays. Alors il est temps d’informer la population sur les méfaits de ces produits pour la santé. Il est temps de prendre conscience du fléau et de sensibiliser les jeunes filles sur les effets dévastateurs de ces produits par des campagnes de sensibilisation et de prévention. Et pourquoi ne pas commencer à faire de la prévention dans les écoles ?

Les jeunes filles commenceraient à se dépigmenter la peau vers l’âge de 16-17 ans pour certaines. Il est certain que mieux informées, elles n’oseraient pas toucher à ces produits. On parle des pouvoirs publics mais qu’en est-il des autres acteurs de la chaîne ? Les médecins, les pharmaciens ? Pourquoi n’existe-t-il pas de réglementation dans la vente de ces produits ? Pourquoi ne pas imaginer une liste noire des produits dangereux pour la santé ? Il faudrait que l’ordre des médecins et des pharmaciens se mobilisent. Et les parents dans tout ça ? Mesdames, qui avez utilisé ces produits, dites à vos filles que c’est un poison. Dites leur que leur peau est belle, que les femmes noires sont belles. Car c’est la vérité ; les femmes africaines ont une beauté qui n’a rien à envier aux femmes blanches et ce n’est pas les hommes blancs qui diront le contraire.


par SANDRA BOULOUX
Rédigé le Jeudi 18 Février 2016 à 13:20 | Lu 495 fois | 0 commentaire(s)






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