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LE METISSAGE

RECOURS OU SOLUTION POUR L’AVENIR ?

L’élection de Barack H.OBAMA à la tête de la première puissance du monde a été sans conteste le plus grand évènement socio-politique de ces cent dernières années.


Ilona by Greg Allen
Ilona by Greg Allen
Il faut remonter loin dans l’histoire, pour trouver un acte d’une telle ampleur.
L’évènement s’est produit dans un contexte mondial très défavorable.
Outre la crise financière et économique, les effets de la politique de l’administration Bush avaient plongé le monde dans un tel état, que des divisions ethno-religieuses et la séparation manichéenne entre l’occident et le monde oriental, étaient susceptibles de déclencher des conflits permicieux et violents.

La thèse de Bush divisant les états entre les bons et les voyous rappelaient plus les ambiances des films d’action hollywoodiens que des pratiques de haute politique.
Ainsi le monde devrait continuer à subir l’héritage de la pensée WASP (White Anglo Saxon and Protestant), issue des premiers indépendantistes américains d’origine britanique et germanique.
Leur idéologie était rendue d’autant plus imposable, qu’elle s’appuyait sur une économie financière, et industrielle triomphante.

Dans l’autre sens hélas, les peuples dominés tels que les africains et leurs diasporas, humiliés et anéantis moralement par la colonisation et l’esclavage, avaient fini par se soumettre et subir cette domination de l’empire britanico-américain. Cependant l’histoire nous enseigne que la politique du haut peut être anéantie par celle des peuples, car s’il est un domaine où toutes formes de stratégies idéologiques trouvent un rempart, c’est celui de la complexité des rapports entre les humains.
La ségrégation raciale aux USA n’a pas empêché la naissance de millions de métis, tout comme ce fut le cas avec l’apartheid en Afrique du Sud

La proximité des populations multiraciales et partantes, de leurs cultures, par le fait des moyens de communication et de contacts commerciaux, finit toujours du fait de ce melting pot vital en jetant des passerelles entre elles, par engendrer du métissage culturel et humain.
L’exemple de la méditerranée antique l’atteste. Les berbères, les étrusques, les grecs, les romains, les phéniciens, les fêlas, les nubiens, les assyriens, les perses, les juifs, les peuples nomades, les navigateurs commerçants orientaux, etc. ont au fil des siècles constitué des pôles qui ont su profiter de ces innombrables brassages.
Formant des zones culturelles économiques et financières, plus tard la religion en venant s’y greffer, des civilisations sont nées. Lesquelles de civilisations constituent le substrat essentiel de l’héritage actuel.

L’exemple confirmant la proximité entre les personnes est la célèbre idylle de Jules César empereur de Rome en Europe, avec Cléopâtre, reine d’Egypte en Afrique.
A la même époque, des pays aux populations relativement homogènes par leurs cultures , telle que la Gaule en Europe qui était une colonie arriérée et l’Afrique noire tenue à l’écart à cause de la grande bande de désert et de la forêt, ne faisaient pas partie de cette culture triomphante .
A la fin du 18ème siècle, Thomas Jefferson, 3éme président des Etats-Unis, co-rédacteur de la déclaration de l’indépendance, affichait officiellement son opposition au métissage. Dans le même temps, alors qu’il était Président des USA, son esclave Sally HEMINGS était sa maitresse avec laquelle il eut plusieurs enfants.

Au XXIème siècle tout a évolué, mais en y regardant de près, il est possible de trouver des similitudes entre la méditerranée antique avec la notion de mondialisation ou de village planétaire. Le grand « lac méditerranéen » d’antan s’est élargie au maximum par les moyens modernes de communication, l’information circule et fait le tour du monde rapidement
L’humanité suit les même films, regarde les mêmes grands évènements sportifs ou autres en évènement en direct et simultanément. Les hommes ont la possibilité de partager les mêmes joies, les mêmes angoisses et les mêmes espérances.

Ils redoutent les mêmes pandémies et endurent les mêmes phénomènes à savoir : le réchauffement climatique, l’appauvrissement de la bio diversité, les conflits sociaux, les crises économiques et financières, les crises humanitaires, le terrorisme, les guerres etc.…
Dans cette optique, les solutions étant communes, il devient évident que c’est plus vers un homme ou une femme qui cristallise toutes ces espérances que les choix vont se porter, ainsi il est plus facile pour un citoyen du monde de se retrouver en un OBAMA qu’en un MC CAIN !
Le premier incarne à lui tout seul un modèle de brassage culturel et humain, tandis que le second continue de représenter malgré lui, l’image assez usée du type WASP.
Au regard de tout cela, l’Amérique a peut être voulu envoyer un message à l’humanité, pour la rassurer et en même temps se faire une auto-psychanalyse.


famille Massamba
famille Massamba
Qu’à cela ne tienne, le XXème siècle n’a pas été un siècle de tout repos, héritier direct de la pensée et de la politique du 19 ème siècle (le partage de Berlin, la division de l’Europe en classes sociales opposées, la fin de l’esclavage, la guerre de sécession, l’expansionnisme nippon etc.…) un siècle qui a vu la montée jusqu’à son paroxysme de la haine et de l’intolérance.
C’est le siècle de la Shoa imposée aux juifs par les nazis, de l’apartheid en Afrique du Sud, de la ségrégation raciale aux USA, des nettoyages ethniques dans les Balkans, des génocides Tutsis par les Hutus etc.…

Naguère à peine au Congo, on s’opposait à des mariages pour des raisons ethniques. Les anciens plaidaient pour la conservation de la pureté raciale et la sauvegarde des valeurs tribales.
Heureusement très tôt, des hommes comme Léopold S. Senghor, Félix H. Boigny et bien d’autres ont plaidé pour un métissage intégral.
Ils voyaient en avance sur leur temps, le moyen d’adoucir les mœurs sectaires, hégémoniques et guerrières de l’homme, mais aussi le moyen de triompher de l’apartheid.
Le rêve de Martin Luther King, pouvant s’assimiler à une prophétie avait symboliquement défini le dirigeant idéal pour l’Amérique. Son discours s’étant tenu sous très haute garde, s’adressait à toute l’Amérique, noire, blanche, jaune et …métisse.

En effet prendre le risque et le courage de briser des siècles de plusieurs pensées uniques, qui s’ignoraient ou s’opposaient, pour braver ensuite les tabous raciaux et tribaux sélectifs, constitue en soi un acte de progrès incroyable pour l’humanité.
Et le Congo, notre pays ?

Le Congo jouit d’un atout exceptionnel c’est celui d’être un pays de transit, qui abritait a l’époque colonial des communautés nombreuses de plusieurs pays d’Afrique.
Un sociologue français, à propos de Poto-Poto ; affirmait que c’était un lieu unique, et même rare dans le monde où l’on pouvait en quelques mètres carrés, croiser plusieurs nationalités, des temples et des églises, de confession religieuses différentes, tout cela coexistant pacifiquement.
De quoi inspirer l’union africaine, pourquoi pas ?
Après les indépendances, de nombreux congolais ont pu étudier dans des pays très divers, d’Europe et d’Asie notamment.

Après les indépendances, de nombreux congolais ont pu étudier dans des pays très divers, l’Europe et l’Asie notamment.
De nombreuses unions avec des autochtones ont vu le jour et des enfants métis sont venus au monde, aujourd’hui adultes pour la plupart.
Pays de moins de quatre millions d’habitants, le Congo pu ou du bénéficier de cet avantage créer par ces « passerelles » et profiter comme ce fut le ca des pays méditerranéens, d’apports culturels susceptibles d’enrichir la sienne.

Au lieu de cela, le repli fataliste sur lui-même n’a pas permis a cette vanne d’être efficiente.
Or en suivant l’itinéraire d’Obama, l’on constate que celui-ci s’était tourné vers le Kenya, (pays d’un père qu’il n’avait pourtant pas bien connu) et que cette patrie le lui avait bien rendu. Le Kenya, soit dit en passant est un pays ouvert aux apports extérieurs. On peut imaginer un Congo, enclin à l’ouverture, favorisant le concours de ses fils métis, la force que le pays pourrait en tirer.
C’est le sens du chois des américains, pour un président aux idées nouvelles et rassembleur qui démontre cette démarche. L’émergence de nos états sur le plan purement sociologique, émanera de la prise de conscience que c’est seul du brassage que des solutions miraculeuses pourraient surgir.

Le propos peut paraitre exagéré, mais il suffit de se demander ce qu’un pays peut gagner tant qu’il végète dans une dimension monocorde ou monocolore.
Il est plus judicieux, face aux nombreux défis dressés, de se cadrer dans la dynamique de cette donne irréversible. Pour ce faire justement, le métissage apparait non seulement comme la passerelle dont je parle, mais aussi et surtout comme une logique inévitable pour s’y garantir une existence viable.
Un sage m’avait dit un jour : « Une nation forte est comme un grand fleuve qui est alimenté par plusieurs cours d’eau différents ! »

Jean Joseph KOUNKOU
Auteur de « Tribal X »
colarex07@yahoo.fr


Par Jean Joseph KOUNKOU
Rédigé le Lundi 29 Juin 2009 à 00:58 | Lu 574 fois | 0 commentaire(s)






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