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L'Afrique est au commencement du jazz


Au risque de s’en mêler les crayons sur un sujet aussi vaste et sur lequel beaucoup de gens parmi d’éminents chercheurs et écrivains ont écrit, il nous faudra vraiment faire court. Car après tant d’années, près de 80 ans d’existence et avec des milliers de chansons enregistrées sur divers supports, audio, vidéo et électroniques, la musique congolaise finit par avoir sa propre identité qu’on appelle la rumba congolaise.
Cependant, au regard des études réalisées sur la survivance de la culture congolaise originale à Cuba et dans d’autres pays d’Amérique du Sud, on est en droit de parler de réappropriation de son identité.

En 1996 le Vénézuélien Jésus Garcia publie La diaspora de los Kongos en las Americas y el Caribe, et dans le n°2091 du journal La Semaine Africaine où Simao Souindoula présente ce livre, on peut lire ce qui suit: «Dans son approche des faits contemporains, Jésus Garcia illustre l’influence kongo par l’extraordinaire production musicale de Arsenio Rodriguez, artiste né de la confrérie africaine. L’une de ses compositions
les plus remarquables est Yo soy Congo. Il cite aussi le groupe cubain d’Eddie Palmieri avec la chanson Mi Congo te llama (dont la version originale est un guaguanco de l’orchestre Los Munequitos de Matanzas) l’ensemble Irakere dont l’un des succès El tata o kin diambo diambo …»

Réappropriation de son identité parce que la rumba, cette rumba fécondée par le Congo (ou l’Afrique) a été enfantée par Cuba, une grande partie de l’Amérique du Sud et des Amériques. Le peuple des Congos a toujours été un peuple qui chante et danse. Aussi loin que nous pouvons nous reporter, à cette époque de l’esclavage et de la déportation aux Amériques, ce peuple a chanté et dansé. Il a célébré par la musique vocale ou instrumentale toutes les péripéties de la vie : la naissance et la fécondité, le passage de l’enfance à l’âge adulte, les rites de la puberté, l’amour, la paix, la guerre, la mort, la joie, le chagrin, la douleur, le lien éternel entre les morts et les vivants. La musique et notamment notre rumba doit être au premier plan des matériaux sur lesquels doit s’appuyer notre identité culturelle.

La rumba n’est pas qu’invitation à la danse ; elle est aussi poésie par ses mots, des mots d’amour, de joie, d’exaltation de la patrie et de l’Afrique. La rumba, musique congolaise puis panafricaine a voyagé pour dire partout où elle est allée « I’m from Congo, I’m proud ». Fière d’avoir créé cette danse et cette musique de mon idiome local mukumba n’kumba. La rumba à travers son regard transversal a été adoptée dans tous les
pays elle a réussi à s’infiltrer dans tous les pays. Tous se sont reconnus dans Indépendance cha cha. Pour danser la rumba, il n’est pas nécessaire d’avoir un pied dans un pays.

Il y a de l’espoir dans l’évolution de la rumba, mais il faut des institutions fortes, des mécènes pour aider à la diffusion de la culture.

Georges Mavouba-Sokate
Rédigé le Vendredi 11 Avril 2014 à 07:58 | Lu 268 commentaire(s)





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