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Kora Jazz Trio Part Two

Succulent élixir Jazz trempé aux racines africaines

Après un premier album intitulé simplement Jazz Kora Trio [Celluloïd, 2003], formation, concept, et couleur musicale, les trois virtuoses s’en viennent relancer le swing là où ils l’avaient laissé en jachère, en prière pour les fertilités des générations futures.


Kora Jazz Trio
Kora Jazz Trio
Avec une certaine sobriété, modestie mais parfois souffrant d’un manque de reconnaissance et d’un déficit promotionnel évident, les artistes et musiciens négro-africains continuent de faire l’histoire musicale de notre temps, avec brio, même en ... trio ! Le concept Kora Jazz joué à trois est de ces innovations tranquilles, capables d’augmenter d’un coup d’un seul, sans effusion médiatique ni surenchères quelconques les vérités universelles que la musique dans sa dimension immatérielle capte et transmet aux oreilles attentives.

L’alliance apurée et presque parfaite du piano d’Aboulaye Diabaté avec la percussion africaine de Moussa Cissoko, survoltée des fulgurances, cris, coups de génie de la Kora de Djeli Moussa Diawara produit malgré ou grâce à cette frugalité instrumentale, un jazz entièrement authentique de lui-même. Diabaté affecte au piano d’assurer l’équilibre jazzistique, la cohérence en accords, notes, nuances, soutien et ponctuation rythmique quand la Kora éponyme du groupe, en affirmant les thèmes et la parole du tout, ainsi que son éternité africaine, officie en véritable fétiche actif de la solution.

Un trésor de complémentarités, de différences, d’harmonie globale, expression d’un swing résolu qui laisse planer un doute fécond sur cette part rajoutée aux habitudes d’un genre qui se nourrit de la fin de ses routines.


Le trio s’offre deux reprises dans la suite de son aventure entamée en 2003 avec le premier acte de sa geste. Monk l’illustrissime subi la momification et l’immortalisation africaines qu’il attendait dans une kora toilette jazz de Rythm’ning, alors que La Mer de Charles Trenet dont le millésime Bensonien est resté un sommet passe aussi sous les polyrythmies, riffs, spontanéités créatives et accélérations du trio.

Les dix compositions proposées sont marquées au coin d’une assurance mélodique et d’un régal rythmique auquel chacun contribue avec une générosité contagieuse.

Les démarrages d’improvisation, expulsent l’ennui éventuel et il faut à Djeli Moussa Diawara frère cadet de Mory Kanté, issu d’une famille de griots, le secours d’une Kora un peu spéciale, à 32 cordes et non 21, pour trouver toutes les octaves et les épices nécessaires au banquet. Le Djeli prodige de son art est aussi vocaliste apprécié.

Abdoulaye Diabaté, sénégalais, pianiste de formation presque conventionnelle passé par un conservatoire avant d’accompagner des artistes aux musiques syncrétiques, met à disposition une maîtrise des grands thèmes et un jeu d’une grande finesse et efficacité.

Moussa Cissoko est aussi d’extraction griote par ses ascendances sénégalaises. Il injecte le plus de dynamisme, la dimension dansante et joviale de l’exécution d’ensemble, faisant se côtoyer sagesse des anciennes civilisations et folie cathartique d’un instrument de la force, de la vélocité, du temps approprié. Sa percussion est de celle de la confrérie des maîtres dont il fait partie.

Le concept du Kora jazz trio, qui dans cet opus invite Mamadou «prince» Koné à la calebasse, boucle la boucle d’un Jazz souvent mal compris, réduit à quelques unes de ses tendances contemplatives, pour le «ré-enchâsser» dans son bouillonnement rythmique, mélodieux, dansant, convivial et jovial des origines ... africaines. De plus la Kora, attribut du conte, de la parole, du dire, de l’épopée et de la sagesse des connaissances du passé ne saurait jurer dans l’univers africain-américain du Jazz, c’est tout le contraire.

Une mention spéciale aux efforts nombreux des Djeli, maîtres de la Kora et artistes qui ont depuis des décennies internationalisé la vitalité et le miracle permanent des lèvres prolixes de cet instrument africain, défendu et développé avec succès face aux invasions électroniques, numériques, mécaniques etc.
La Kora fait désormais l’objet d’une appropriation extra-africaine, le développement de l’instrument, avec le remplacement des cordes en peaux par des cordes en nylon pour cause de durabilité et les autres sophistications techniques, ont maintenu le rang mondial de cet accoucheur de vérité. Tant mieux.

Source Afrikara.com

Ze
Rédigé le Mardi 14 Mars 2006 à 20:50 | Lu 2555 commentaire(s)




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