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Jean-Baptiste BELLEY

Il acquit la liberté grâce à ses propres économies

On sait très peu de choses du premier député noir à la Convention. Né en Afrique, au Sénégal, il fut déporté à Saint-Domingue dans son enfance et demeura esclave durant sa jeunesse. A une date indéterminée, il acquit la liberté grâce à ses propres économies et ouvrit un commerce au Cap. En 1777, il fit partie des volontaires qui suivirent l’amiral d’Estaing dans la campagne de Savannah, et c’est probablement alors qu’il acquit son surnom de Mars, en récompense de sa valeur militaire et de sa bravoure.


Jean-Baptiste BELLEY
Jean-Baptiste BELLEY
On connaît mal son rôle dans les événements de Saint-Domingue jusqu’en 1793, si ce n‘est qu‘il s‘engagea dans l‘armée dès que le décret du 4 avril 1792, qui donnait les droits civiques et politiques aux hommes de couleur, le lui permit, et qu‘il y fit une rapide carrière. En juin de l‘année suivant, il fit partie des alliés de couleur des commissaires civils de la République, Sonthonnax et Polverel, contre le gouverneur Galbaud. Le 20 juin, il repoussa la première attaque contre le Cap en tant que commandant du 16ème régiment. Il fut élu député à la Convention lors des élections du 24 septembre et s’embarqua pour la métropole en compagnie de deux de ses cinq collègues, Dufay et Mills. Lors d’une escale à Philadelphie, il fut insulté par des émigrés, qui contestèrent son grade dans l’armée en raison de sa couleur, et leur répondit avec esprit que « quand on sait sauver les Blancs et les défendre, on peut bien les commander ». Débarqué à Lorient en janvier 1794, il fut comme ses deux collègues accusé par Victor Hugues, à cause de ses relations avec Sonthonax, d’être un complice des Girondins, et incarcéré à titre préventif. Mais une lettre énergique à la Convention le fit rapidement libérer et le 3 février 1794, il prit siège officiellement à l‘Assemblée. Son entrée fut saluée par des acclamations, et à la demande de Lacroix, le président (c’était Vadier) donna l’accolade aux deux députés noirs. Le lendemain, l’abolition de l’esclavage fut votée à l’unanimité et sans discussion.

Le 11 février, lors de la fête organisée par la Commune pour célébrer l’événement, Belley fit un discours où il rappela son sort d’ancien esclave, concluant : « Je n’ai qu’un mot à vous dire : c’est le pavillon tricolore qui nous a appelé à la liberté. C’est sous ses auspices que nous avons recouvré cette liberté, notre patriotisme et le trésor de notre prospérité et tant qu’il restera dans nos veines une goutte de sans, je vous jure, au nom de mes frères, que ce pavillon flottera toujours sur nos rivages et dans nos montagnes ». C’était une façon habile (et certainement sincère) de marquer l’attachement des nouveaux citoyens à la République, alors qu’elle pouvait encore être mise en doute : une grande partie des esclaves soulevés dans l’île étaient les alliés des Espagnols, et la redoutable armée de Toussaint-Louverture, à cette date, faisait encore profession de royalisme en arborant le drapeau fleurdelisé.

Belley se préoccupa, en même temps que ses deux collègues, de l’application du décret, et surtout de détruire à Paris les effets néfastes de la propagande pseudo républicaine des colons esclavagistes. Les trois hommes écrivirent au CSP pour lui donner des preuves de la collusion entre colons et royalistes, et obtinrent l’arrestation des principaux activistes.

Belley siégea par la suite à la Convention jusqu‘à la fin de la session, sans y jouer un rôle important. IL essaya, semble-t-il, de contrer la lente reprise de l’influence des colons esclavagistes dans les sphères gouvernementales, mais sans succès. En 1801, ayant repris sa carrière militaire, il accompagna Rigaud dans l’expédition de Leclerc, en tant que chef de brigade de gendarmerie. Mais il fut bientôt arrêté pour avoir tenu des « propos séditieux », mis au fers et déporté dans la forteresse de Belle-Isle-en-Mer. On ignore son sort exact. Lié avec Placide Louverture, un des fils de Toussaint, il correspondait encore avec lui en 1806 et semblait à cette date espérer pouvoir être libéré. La date de sa mort est inconnue.

Claudine Cavalier
Rédigé le Mardi 18 Juillet 2006 à 13:08 | Lu 3646 commentaire(s)





1.Posté par Gerard Belotte le 23/10/2006 00:22 | Alerter
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Mon cher Gerard,
Au cours de mes recherches sur Toussaint dans le cadre de ma campagne pour contrecarrer les inexactitudes historiques sur Toussaint Louverture, je suis tombe sur cette ....ilustration de ce personnage pour la premiere fois , aux environs du mois de fevrier de cette anneesans grand commentaire a son sujet...
Le malaise critique que tu exprimes est une interrogation que j;ai formulee depuis deja plusieurs annees a savoir que notre histoire fait l'apologie des classes dirigeantes politiques et de leurs eternelles recours a la foprce militaire ou a l'anarchie populaire pour resoudre les crises qui en decoulent .Le principe ecule du :"Ote-toi que je m'y mette".
Ces luttes politiques ont ete ainsi polarisees ,antagonisees et ainsi reduites en un processus systemique des grands joueurs tombes en disgrace ou montes en grade.

Le cote social et industriel ,(sante et developpement ,education et transports , communication et logement peremtoirement) a ete peremptoirement neglige.A quoi bon exalter l'ame de la jeunesse si on n'a aucun projet de reflexion a lui offrir dans le cadre contemporain.......
Resultat: lorsque l'esprit des jeunes a ETE CONDITIOONNE

2.Posté par Gerard Belotte le 23/10/2006 00:24 | Alerter
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lORSQUE L'ESPRIT DES JEUNES A ETE CONDITIONNE

3.Posté par Pierre-Eddy Toussaint le 23/10/2006 06:02 | Alerter
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Lorsque l'esprit des jeunes a ete conditionne a des decennies de de confrontation sur la base du bon et du mauvais citoyen ,des justes et des damnes qu'on donne en pature sur l'autel de la patrie , comment peut-on esperer qu'aujourd'hui nous sachions quoi faire du 200e anniversaire de l'independance?Si deux ans apres 1804 on sacrifiait le fondateur , 200ans plus tard ,au nom du modernisme ,on opere un autre coup d'etat qui va rendre le pays aux puissances d'occupation internationale .
Pendant ce temps , en matiere de sante et education ,transport et communication,deboisement et epuration des eaux,agriculture et logement,alimentation et hygiene publique pas une seule page d'histoire ne nous parle des problematiques liees a ces questions et comment des individus ,a travers plusieurs generations se sont demeles pour nous leguer des systemes administratifs plus ,ou moins bons.La nouvelle histoire d'haiti du 21e siecle devra faire davantage place a levolution socioculturelle ,demographique et industrielle et laisser les luttes de palais et pour le Palais National un peu de cote . On devra y inclure l'histoire de tous ceux qui faconnent une epoque : les charlatans comme les heros et heroines de divers secteurs ainsi que l'influence etendue qu'ils ont gagne au pays comme a l'exterieur .
A bientot ,
Pierrot

4.Posté par SE le 02/01/2007 21:40 | Alerter
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http://www.grioo.com/blogs/MRA/index.php/2006/01/09/714-noirs-dans-lart

5.Posté par E.Mars castera le 30/03/2007 22:19 | Alerter
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Bonjour,
Sur Google, le site http://www.agh.qc.ca/articles/?rubrique=12 vous permettra de trouver un article que j'ai ecrit sur Jean-Baptiste Belley, mon ancetre, et que vous trouverez, je l'espere, tres interessant, base sur des essais ecrits par Jean Price-Mars,mon grand-pere, digne fils de l'Afrique lointaine.
Bonne lecture.
E.


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