Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

James Brown

Say It Loud. I’m Black I’m Proud ! La harangue éternelle du God Father

On ne devient pas le God Father du Funk et de la variété afro-américaine pour avoir réussi, ce qui est déjà pas mal, quelques tubes et cartons de ventes, full of dollars, bagnoles et esbroufe. Il en faut plus. C’est l’occasion de se souvenir de cette salve de James Brown, l’unique et l’indétrônable, devenue hymne des mouvements du Black Power et des Droits civiques aux Etats-Unis, l’immortel Say It Loud ! I’m Black I’m Proud ! Traduisons dites le, criez le fort ! Je suis Noir et fier de l’être !


James Brown
James Brown
Nous sommes à la fin des années 60, décennies qui avait vu émerger vigoureusement puis s’obscurcir l’espoir d’émancipation des Noirs sur l’ancienne terre d’esclavage de leurs ancêtres, avec les fulgurantes ascensions suivies d’assassinats des Malcolm X et Martin Luther King, leaders charismatiques de la communauté noire. Les Black Panthers résistent avec d’autres militants de la cause noire, mais le FBI et son programme criminel le Cointelpro est déjà lancé à leurs trousses.
Butée et bornée dans sa bêtise suprémaciste maladive, la majorité blanche, majorité politique et puissante surtout, continue de rester fermée à l’exigence d’égalité, de dignité et de respect des races, conforme à sa Constitution, et appelée de ses vœux par le mouvement noir et quelques Blancs sensibles à ce discours. C’est alors que le rendez-vous prit avec l’histoire par le phénomène musical, phénomène tout court James Brown père du Funk et inspirateur de ses dérivés jusqu’au rap moderne, se concrétisa par une saillie inoubliable giclée des studios de Los Angeles. Le single Say It Loud faisait irruption dans le ciel des revendications afro-américaines, pulvérisant les taux d’audience et vite adopté par les groupes militants qui ne manquent pas à cette période. Une fusion entre l’esprit créatif de Brown et un peuple qui souffre, qui peine, qui doit encore et encore courber l’échine, comme au temps du coton blanc. Alors le leader scande :

«J’ai travaillé avec mes mains et mes pieds, mais tout le travail que j’ai effectué est pour l’autre homme» (…)
«Nous ne nous arrêterons pas de manifester tant que nous n’aurons pas ce que nous méritions»,
«Frère nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’avons pas notre part»
«Nous exigeons d’avoir notre chance de faire les choses par nous même,
Nous sommes fatigués de nous cogner les têtes contre un mur,
Et travailler pour les autres,
Nous sommes des Humains, Nous sommes comme les oiseaux et les abeilles,
Nous préférerions mourir debout,
Plutôt que vivre sur à genoux,
Dites le fort, Je suis et fier de l’être»


Et voilà que bientôt 40 ans après, des traces de lynchage de nègres renaissent dans une Europe des Lumières, en Russie où les étudiants noirs sont une denrée facile pour les plaisirs des agresseurs racistes, en Belgique, en France, en Suisse, sur tous les stades européens malgré les hauts faits des joueurs noirs, se démocratisent une négrophobie déchaînée. Les intellectuels, politiques, et même les mouvements associatifs tels que les syndicats se solidarisent avec les logiques d’exclusion raciste dans le monde du travail, de la politique, des sciences, …
A New York une voiture de Noirs non armés se prend 50 coups de feu, sans motifs clairs, un mort deux blessés.
Pourtant le God Father à réécouter nous enseigne de ne pas baisser les bras. Dans un texte simple, populaire dans son pur style, il appelle ses choristes d’un enregistrement, des enfants de Los Angeles, à retenir la leçon en la criant de plus en plus fort, I’m Black, I’m Proud ! Pas encore une solution politique, mais une thérapie personnelle, qui ressoude le moral à l’amorce des luttes quotidiennes.
Section de cuivre puissante sur un phrasé court et répétitif, répondant à une basse goove funk appuyée mais pas statique, et une guitare tout en frappes rythmiques aigues confirmant le beat sobre et mortellement efficace de la batterie. Le maître Brown ne chante pas il exhorte le peuple à la conquête de ses droits et s’adresse simultanément à lui-même, et au mur de domination auquel il fait face. «Nous ne nous arrêterons pas de manifester tant que nous n’aurons pas ce que nous méritions».

Un bonheur musical engagé, comme il s’en fait peu ! Say It Loud …


Source Afrikara.com

Ezezek
Rédigé le Samedi 16 Décembre 2006 à 09:39 | Lu 2715 commentaire(s)





1.Posté par cesidio le 08/03/2007 17:01 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler
Bonjour à tous,
Fan du Father of soul, j'ai essayé de de trouver bon nombre d'ouvrages qui lui sont consacrés. Je suis tombé sur un numéro hors série des Inrockuptibles. Il est tout à fait abordable : 9.90 euros et il y a un CD avec des artistes contemporains qui reprennent quelques-unes de ses chansons et "Papa's got a brand new bag" (live) par James Brown. Le mag détaille très bien son parcours ainsi que ses influences et son héritage. J'y ai appris de nouvelles anecdotes, alors si vous aussi vous êtes fan, ça peut vous intéresser !!


À lire aussi :
< >

Lundi 16 Janvier 2017 - 21:09 Zanele Muholi

Mardi 25 Octobre 2016 - 17:07 Yaa Gyasi, écrivaine:

Profil | Vue de Basango | Coup de coeur | Histoire de... | Le Festival



MOKÉ TV

    Aucun événement à cette date.









App Store
Facebook
Twitter
Google+
Instagram
YouTube






Facebook
App Store
Google+
Instagram
Rss
Twitter
YouTube