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FREDY MASSAMBA

"Ethnophony"

Exilé en Belgique en 1998 pour fuir la guerre, cet « afro-péen » désigné tourne désormais à l’international, rencontre ses idoles, telles Erikah Badu, The Roots ou Mos Def


FREDY MASSAMBA
Ces derniers jours, le chanteur congolais Fredy Massamba s’est acheté un calepin : un agenda, dans lequel il gribouille ses rendezvous, coche des cases. A son emploi du temps déjà riche en collaborations, s’ajoute désormais la sortie d’Ethnophony, son premier album solo. Depuis plusieurs années, le public avait pu remarquer son sourire ravageur, ses pas de danse nés du bitume, sa maîtrise des percussions aux côtés de Didier Awadi, Manou Gallo, ou au sein de Zap Mama et des Tambours de Brazza. Fort de ses nombreux projets, ce jeune homme de près de 40 ans n’avait jamais vraiment songé à s’émanciper... Jusqu’à ce jour de 2005 au studio Sankara de Dakar, où sa route croise celle du musicien et producteur suisse Fred Hirschy. « Sur ses sons jazz, soul, j’ai posé ma voix et improvisé dans ma langue natale... Nous avons simplement perpétué la rencontre ! », raconte-t-il. A lui seul, le titre de l’album résume la griffe Fredy : « ethnique », pour son univers typiquement africain (balafon, percussions...) ; « phony », pour le côté « gros son », groove massif.

De toutes ses expériences, Fredy a forgé cette signature particulière. Fils d’un « président d’orchestre » amoureux de James Brown, Bob Marley ou Jimmy Cliff, il grandit entouré de rumba et de soul music, dessine son adolescence aux couleurs du hip hop... Le métier fera le reste. Exilé en Belgique en 1998 pour fuir la guerre, cet « afro-péen » désigné tourne désormais à l’international, rencontre ses idoles, telles Erikah Badu, The Roots ou Mos Def. Quelques minutes de studio, de bavardages, influent l’art du chanteur, lui donnent la force de creuser sa propre voix, cet instrument qu’il compare volontiers au balafon. Alors, sur les pistes d’Ethnophony, admirablement mixé par Tom Soares (Erikah Badu), son chant s’envole, rebondit, joue sur le beat et les scratchs, pique des inflexions aux pères Marvin et Otis, s’inspire à l’envi des voix de tête d’un Bilal, de la chaleur d’Anthony Hamilton ou du phrasé de D’Angelo. Le tout majoritairement en Kikongo, sa langue natale, en voie de disparition, dont il maîtrise à la perfection la musicalité. « C’est joli, ce mot, “Kikongo”, non ? », s’enthousiasme-t-il.

Car, loin de toute prétention, les yeux rivés sur ce « toujours mieux » à atteindre, Fredy manifeste sa fierté et mesure le combat à mener. En digne grand frère, il espère ainsi décomplexer la jeunesse africaine, trop prompte à plagier le son occidental. A la néo-soupe RnB, il préfère la nu soul africaine: « Sur mon continent, il existe d’innombrables jeunes talents, qu’ils soient chanteurs, instrumentistes ou producteurs. Mais les artistes restent trop frileux pour oser affirmer leur propre modernité. » Dans ses textes, Fredy chante l’amour, la tolérance, mais aussi l’espoir pour son continent : le temps de la réconciliation nationale au Congo, celui de l’éveil des consciences et de l’union. « Africa is the future », conclut-il. Un futur qui passe assurément par sa musique.

Le site de Fredy Massamba

Source mondomix.com

Anne-Laure Lemancel
Rédigé le Vendredi 18 Novembre 2011 à 12:17 | Lu 554 fois | 0 commentaire(s)






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