Connectez-vous
BASANGO
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

ELLE (OFELIA)

PARADIGMA 2

Quelques siècles après le métis s’adresse à son ancien patron pour lui raconter ses exploits et attirer son attention , pas de la même façon que Judas Iscariote l’a fait avec Bernarda ; résultat : une charge génétique d’indifference et un mince et profond sourire de mépris.


Femme Noire
Femme Noire
Tu te lèves quand le soleil se cache et tu badigeonnes ton visage de maquillage, t’allumes le journal télévisé de 18 :30h sur Telecaribe pour constater que la ville bouge, les bas sont déchirés,tu porteras alors un jean,tu sors toute pressée laisser le mome à ta mère à quelques rues de ta barraque, les talons aiguilles sont trempés de boue, tu vas arriver en retard, ma chère heroïne romantique moderne, au rendez-vous de 19h, souviens toi que les filles t’attendent pour se mettre d’accord.

La Tour de l’Horloge marque 20h dans la ville fortifiée, la rumba n’a pas encore commencé et les filles arrangent l’affaire du soir : les clients, les lieux ;ce soir c’est le tour de Bocagrande, le centre ville c’est pas bon. Comme d’habitude tu arrives en retard Ofelia, les filles allaient partir et te laisser zero mais ton corps voluptueux n’a pas besoin de toutes ces conneries, tu t’es toujours bien demmerdé, ce n’est pas de ta faute si depuis des siècles cette putain de vie est si cruelle et personne ne se rend compte que le IVA a augmenté les prix dans les supermarchés.

Tu n’aimes pas Bocagrande, il y a trop de crapules mais l’affaire marche bien ; vous decidez de contourner la baie avec vos hanches des Caraïbes qui font stopper les bagnoles des crapules, vous devez gagner votre vie en la perdant jour après jour. Ce n’est pas de ta faute ma chère heroïne romantique moderne si tu es née dans un quartier populaire où les charges doivent être volées, les terrains envahis, les moyens de transport qui n’existent pas et il n’y a ni boulot ni écoles ;un quartier où les gens ont toujours le sourire au bout des lèvres pour chaque humiliation et courbent la tête par le poids des années. Ce n’est pas de ta faute ma chère Ofelia tant de siècles de domination et de bêtise.

Tu te fais chier à Bocagrande, presque tous ces cons sont de l’interieur du pays, les amerloques appellent les petites par portable et elles viennent de suite sinon ils louent les momes sur la plage et la drogue de rabe. La nuit es fraîche, heureusement tu portes un jean Ofelia autrement tu vas peler et Hamlet ne tiendra pas le coup encore une fois. Les rues sont toujours desertes,les bandes ne circulent pas encore et les folles sont beaucoup plus apétissantes que les filles, le pain de demain est en danger ; tu tues la nuit avec quelques clopes , tu desespères, le maquillage est trop cher pour le gaspiller pour rien. A 1h environ il n’y a rien à se mettre sous la dent sauf deux mecs qui roulent en moto et qui hésitent, c’est pas des beaux mecs mais ils doivent avoir du poignon. A 2h elle en a marre d’exhiber les melons, la prochaine fois tu attrappes le premier qui passe pour ne pas rentrer fauchée à la maison ; encore une fois ceux de la moto, ce soir ils sont à vous, tu t’approches et tu discutes le prix, ça te convient, les mecs paient le motel mais à six c’est difficile sur une moto, les filles à pied, ils vont ralentir ...

Tu n’es même pas arrivée dans le centre ma chère Ofelia quand tu t’es apperçue que l’affaire c’était courir, les coups de feu ont glissé sur le trottoir et tu as pensé à ton fils et à ce père qu’il n’a jamais connu, à ta mère et à tes frères abandonnés ;tu es partie en courant, tu as couru avec les filles le vent iodé de la baie contre le visage jusqu’à faire pleurer vos yeux, le même chemin de retour à toutes pompes pour vous refugier sous la Tour de l’Horloge, toutes les filles sont là, l’affaire ira mieux.

Tu n’as pas mis les pieds sur le quai quand déjà deux des filles n’existaient plus, tu n’as pas eu le temps de pleurer, t’es arrivée aux arcades, tu t’es mis à genoux en suppliant pour ta vie, personne n’a bougé, tu as fermé tes illusions en regardant dans le ciel l’étoile qui te donnerait le pardon de papa dieu. Ici sur terre personne n’a vengé ta mort. On a écrit sur le journal que la police avait chopé une bande de voleuses qui terrifiait la ville de la même manière que la famine te terrifiait ma chère heroïne romantique moderne.

J’ai oublié de te dire que pour ton honeur et celui des filles le maire a interdit les motos de circuler après 22h dans la ville.

Version Originale

Calle de Cartagena de Indias
Calle de Cartagena de Indias
Muchos siglos después elmestizo se dirige hacia su antiguo patron para contarles sus proezas y llamar su atencion,nocomo lohizo Judas Iscariote con Bernarda ; resultado : una carga genética de indiferencia y una delgada y profunda sonrisa de desprecio.


Te levantas cuando el sol se oculta y te embarrutas de maquillage, prendes el informativo de las 6 :30 de Telecaribe a ver comoanda la movida en la ciudad,las medias estan rotas, toco jeans,sales apresurada a dejarle el nino a tu madre a unas cuadras de tu casa, los tacones se llenan de barro,vas a llegar tarde, querida heroína romantica moderna,a la cita de las siete,recuerda que las muchachas te esperan para ponerse de acuerdo.

La torre del reloj marca las 8 en la ciudad amurallada,la rumba no ha arrancado aùn y las muchachas se ponen de acuerdo para la jugada de la noche : repartir los clientes, ubicar los sitios, esta noche toca Bocagrande, el centro està muy flojo. Como casi siempre llegas tarde Ofelia, las muchachas iban a despegar y a dejarte sincruce pero tu cuerpo voluptuoso nonecesita de esas vainas, siempre te las hasarreglado sola,qué culpa tienes tù que desde hace siglos te hagan esta puta vida tan cruel y que nadie se dé cuenta porque el IVA subio los precios en los supermercados.

Bocagrande no te gusta, hay mucho deprabao pero pagan bien ; deciden ladear la bahia con sus caderas caribenas que hacen stopar los carros de los deprabaos, tienen que ganarse la vida perdiéndola dia a dia. Qué culpa tienes tù querida heroína romàntica moderna de haber nacido en unbarrio « popular » donde los serviciops son robaos, los terrenos invadios, no hay medios de transporte, los trabajos son escasos y no hay escuelas ; un barrio donde la gente tiene siempre una sonrisa para cada humillacion y agacha la cabeza con resignacion por la fuerza de los anos ;qué culpa tienes tù querida Ofelia de tantos siglos de dominacion y embrutecimiento.

Te aburres en Bocagrande, casi todos esos huevones soncachacos, los gringos llamana las muchachitas por celular vy ellasvienen enseguida, de lo contrario alquilan muchachitos en lasplayas con droga de napa. La noche està fresca, menos mal que te pusiste el jean Ofelia si no moririas de frio y hamlet no losoportarîa una vez màs. Las calles todavîa estàn desiertas, los bonches no han comenzado a circular y las locas estàn màs buenas que ustedes, la papa de manana està en peligro. Matas la noche con unos cuantos cigarrillos, desesperas, el maquillaje està muy caro para gastarlo en valde ;alrededor de la una nopica nada eln el anzuelo salvo dos manes que rondan en una moto y parecen no decidirse, no estàn tanpinta pero se vé que tienen biyuyo.

A las dos de la manana estas jarta de mostrar las tetas, la proxima vez pescas al primero que pase para no irte limpia ; otra vez los de la moto, se las ganaron esta noche, se los sortean entre companeras, la vaina està dura toca de a dos para cada tipo ; te acercas y discutes el precio, te conviene, los manes pagan el hotel pero en el centro, seis no caben en una moto, les figuro ir a pie, ellos le van haciendo lentico...

No alcanzaste a llegar al centro querida Ofelia cuando viste que la vaina era pa’ correr, los disparos resbalaron en la acera y pensaste en tu hijo y en ese padre que nunca conocio, en tu madre y tus hermanos abandonados ; corriste, corriste mucho con las muchachas la brisa salada de la bahia golpeàndoles la cara hasta hacer lagrimear sus ojos, el mismo camino de regreso a toda mierda para refugiarse en la Torre del Reloj, el parche completo estaba alli, las vainas irian mejor.

No llegaste al muelle cuando a dos de las muchachas ya se las habian bajao, no te dio tiempo de llorar, alcanzaste el portal y te arrodillaste suplicando perdonaran tu vida, a tu alrededor nadie se movio, cerraste tus ilusiones mirando en el cielo la estrella que te llevaria hacia el perdon de papa dios. Aquí en la tierra nadie te vengo solo salio en el periodico que la policia habia dado de baja a una banda de atracadoras que tenian azotada la ciudad asi como te tenian azotada de hambre querida heroína romantica moderna.

Se me olvidaba contarte que en tu honor y en el de las muchachas el alcalde prohibio la circulacion de motrorizados despues de las diez de la noche en la ciudad.

Nadia morales / Negresseverte@hotmail.com
Rédigé le Jeudi 25 Mars 2004 à 00:00 | Lu 9827 fois | 0 commentaire(s)





À lire aussi :
< >

Mardi 25 Octobre 2016 - 17:28 Série. “Atlanta” :

Vendredi 8 Avril 2016 - 18:11 Driss Homet

Sous le manguier | Mots d'ailleurs | Tout converge



MOKÉ TV

    Aucun événement à cette date.









App Store
Facebook
Twitter
Google+
Instagram
YouTube






Facebook
App Store
Google+
Instagram
Rss
Twitter
YouTube