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Culture Bantoue

Le Ciciba redéfinit ses missions

Vingt-deux ans après sa création, le Centre international des civilisations bantoues (Ciciba), basé à Libreville, change d’équipe dirigeante et redéfinit ses missions. Les représentants des 11 États membres (1) réunis pour la première fois depuis 10 ans dans la capitale gabonaise, fin juin 2005, ont constaté la faillite du projet, mais ont souhaité lui donner une nouvelle chance.


CICIBA Photo: Bernard Nageotte/RFI
CICIBA Photo: Bernard Nageotte/RFI
En Afrique, on appelle cela un « éléphant blanc », un projet pharaonique mort-né. On peut en voir un superbe spécimen à Libreville, à deux pas de l’aéroport, dans le quartier Angondjé. L’expression ne peut d’ailleurs mieux convenir puisque deux immenses… défenses de pachyderme « stylisées » donnent accès à des milliers de tonnes de béton formant un vaste palais de trois niveaux, avec moult salles de conférences, courettes, terrasses, escaliers, fontaines, et même un théâtre de verdure. Tout cela est à l’abandon, gagné par les herbes folles, portant les stigmates colorés des amateurs de paintball (combat aux billes de peinture) qui y trouvent un terrain de jeu idéal. Voilà le siège du Centre international des civilisations bantoues (Ciciba), dont la construction a coûté quelque 10 milliards de francs CFA dans les années 80.

Le Ciciba, « fruit de la volonté politique du président Omar Bongo Ondimba », créé par la Convention du 8 janvier 1983, compte aujourd’hui 11 États membres. C’est l’une des rares institutions culturelles régionales en Afrique, qui a pour but la défense et la promotion de la culture bantoue. L’idée originale, « toujours valable » dit l’un des fondateurs, le recteur Émile Mbot, était même de créer un « marché commun des produits culturels » de la région Bantoue, allant du Cameroun à l’Afrique du Sud, soit plus de vingt pays concernés pour une population de 150 millions de personnes. Les Bantous ont essentiellement des liens linguistiques mais aussi une mystique, des traditions communes comme la musique, les danses ou l’artisanat, sans oublier les masques ou les sculptures.

L’échec d’un bel idéal

L’idée avait tout de suite subjugué les grandes organisations internationales comme l’Unesco, le Pnud, l’OUA ou l’Union européenne. L’actuelle Union africaine avait offert au projet quelque 4 milliards de FCFA. Tandis que la France proposait son savoir-faire informatique, la Fondation Rockefeller offrait de contribuer à la production de programmes scolaires, et la Chine était intéressée par la recherche en médecine traditionnelle.

Hélas, en quelques années le Ciciba a sombré corps et biens : conflits armés, endettement, crises sociales en Afrique Centrale ont eu raison du colossal projet.

Un audit de l’Unesco révèle que le Ciciba a réalisé, au mieux, 10% de ses objectifs.

« Faute de moyens » affirme le directeur général sortant, l’Angolais Vatomene Kukanda, en place depuis 12 ans. De fait, les arriérés de cotisations des États membres s’élèvent aujourd’hui à 2,7 milliards de FCFA. Le budget annuel faisait tout juste vivre la dizaine de cadres de l’Institution.

Aujourd’hui, le Ciciba ne peut guère se vanter que de la mise au point d’une méthode ethnolinguistique en vue de retracer l’histoire d’une région à partir des noms de villages, ou d’actions de vulgarisation de la culture bantoue dans divers forums.

Corriger le tir

« Le projet du Ciciba était surdimensionné », a reconnu le ministre gabonais de la Culture Pierre Amoughe Mba lors de la convocation des instances dirigeantes et des représentants des États membres à Libreville, du 23 au 25 juin dernier. C’était la première réunion de ce genre depuis 10 ans, et pourtant seuls 3 ministres de la Culture sur 11 ont fait le déplacement. Un manque d’intérêt qui n’augure rien de bon…

Pourtant, on a décidé de corriger le tir en changeant toute l’équipe dirigeante : une gestionnaire congolaise de Kinshasa, Marie-élène Mathey-Boo est chargée de donner un nouveau souffle à l’organisation. L’Unesco va aider à la redéfinition de ses missions. On espère aussi un soutien du Japon pour rebâtir le siège, et l’entrée de l’Afrique du Sud comme nouveau contributeur.

Le Gabon veut encore croire à son rêve : « Le Ciciba est un symbole de paix, une richesse africaine qui ne doit pas mourir », a déclaré le vice-Premier ministre gabonais tout en lançant une mise en garde à la clôture de la réunion : « Nous devons éviter que ces assises constituent une fin en soi » a-t-il dit. « Pour que les espoirs né de ces travaux ne s’en aillent pas en eau de boudin », a conclu pour sa part le journal gouvernemental gabonais L’Union.

Source rfi

Bernard Nageotte / rfi
Rédigé le Mercredi 6 Juillet 2005 à 10:43 | Lu 3654 fois | 2 commentaire(s)





1.Posté par prisca le 25/09/2007 21:50 | Alerter
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bonjour

j'essaie de savoir comment depuis tout ce temps que le ciciba existe ils ont ete incapables de meme faire 1 liste des prenoms traditionnels bantus( par regions ou pays, ethnies avec significations et ou historique). ceux ci sont en effet en disparition et moi meme originaire du gabon n'en connait aucun pour n'en avoir jamais entendu . aujourd'hui en tant que bantu je souhaiterais donner a mon enfant cette appartenance a travers son prenom .
tous les pays de l'afrique de l'ouest on acheve cette base de donnees . comment promouvoir 1 identite si meme des choses aussi basiques ne sont pas a la disposition des gens ?
j'espere voir bientot comme je le vois pour les autres pays africains 1 liste des prenoms traditionnels gabonais par ethnies etc...
c quand meme dommage pour les gens dans le monde actuel qui vivent loin de leur pays et qui veulent transmettre leur identite d'etre dans l'incapacite de le faire alors qu'1 si gros organisme existe depuis si longtemps .

2.Posté par hamid sam le 06/08/2009 01:08 | Alerter
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bonjour monsieur nageatte.ca va?
je suis hamid. j'habite en iran. je dit a fransais.j'adore a vous et j'ecoute les vous journal a rfi.
bonne chance.

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